jeudi 31 mai 2018

Nouveaux appendices pour l'Ultim MACIF : "On considère que nous mettons à l’eau un nouveau bateau"

A moins de deux mois de sa remise à l’eau, le chantier se poursuit pour le trimaran MACIF. L’un des axes majeurs aura été la conception et la construction de nouveaux appendices (foils, safrans) destinés à rapprocher l'Ultim du mode vol. Responsable du bureau d’études, Antoine Gautier explique comment l’équipe a travaillé sur cette problématique. "Le gain semble colossal mais on attend d’être sur l’eau pour en avoir confirmation."


Macif de Francis Gabart
Crédit : E Allaire


"Voler en solo au large, ce n’est pas l’objectif aujourd'hui"

« Le vol n’est pas un souhait à proprement parler, c’est plus la conséquence du fait qu’on essaie de soulager la plateforme, donc d’avoir des appendices plus efficaces, qui traînent moins et permettent d’aller plus vite. Mais l’état de l’art du multicoque en solo au large, aujourd'hui, n’est pas de voler. Ça le sera peut-être dans six mois, un an ou plus tard, mais voler en solo au large, ce n’est pas l’objectif actuellement ».


Rivaliser avec les concurrents

Depuis la mise à l'eau de Macif en août 2015, le Maxi Edmond de Rothschild puis Banque Populaire IX, sont sortis de chantier en 2017, conduisant très vite l’équipe de MerConcept à plancher sur une évolution du trimaran MACIF vers un mode plus volant.

« La réflexion a commencé courant 2017, explique Antoine Gautier. Nous savions que nous allions avoir des concurrents « plus sérieux », donc que nous aurions besoin d’une mise à niveau importante pour pouvoir jouer avec eux.

Dès la mise à l’eau en 2015, nous savions aussi que notre paire de foils était déjà dépassée, nous n’en étions alors qu’aux balbutiements. Même chose pour les safrans. En deux-trois ans, avec une Coupe en plus, les choses ont énormément évolué, aussi bien en termes d’outils de conception que de connaissances/cahier des charges et de méthodes de fabrication ».

Le bureau d’études s’est mis au travail en mars 2017 avec les architectes du cabinet VPLP pour la conception et avec le cabinet GSea Design pour la structure. Une fois la phase de conception achevée, en octobre 2017, a alors débuté celle de construction, répartie entre CDK Port-la-Forêt (foils), C3 Technologies à La Rochelle (safrans), bureau d’études Macif (systèmes de foils et modification de la dérive) et AwenTech, société dirigée par Bernard Pointet (systèmes de safrans), tandis que chez Madintec, on a commencé à plancher sur le futur pilote automatique pour l’adapter au comportement nouveau du bateau.


Révolutionner l'Ultim Macif

C’est mi-juillet que sera remis à l’eau le trimaran MACIF après un chantier de six mois qui devrait révolutionner le bateau, c’est en tout cas ce qu’espère toute l’équipe réunie autour de François Gabart et d’Antoine Gautier.

A quoi ressembleront les nouveaux appendices ? « Disons que les foils seront un peu plus sexy que notre V1 et que leur géométrie sera un peu plus radicale que ce qui s’est fait sur les derniers bateaux, mais un novice ne verra pas forcément la différence. Sur les safrans, ce sera plus marquant : ils seront dotés de plans porteurs, plus profonds et surtout relevables, ce qui n’était pas le cas sur notre V1 ; c’est une philosophie complètement différente ».

Pour quels gains attendus ? « Nous avons des chiffres théoriques qui nous paraissent surprenants, parce que le gain semble colossal, mais on attend d’être sur l’eau pour en avoir confirmation. Et surtout, la question pour nous est de savoir si on ira suffisamment vite par rapport à nos concurrents ».


Ré-apprivoiser la monture

Une chose est sûre, François Gabart et son équipe vont devoir ré-apprivoiser leur monture : « On considère que nous mettons à l’eau un nouveau bateau, cela veut dire qu’on s’attend à ce qu’il se comporte de manière complètement différente, avec sans doute des accélérations encore plus franches », confirme Antoine Gautier.

Quid de la sécurité du skipper ? « Tant que nous n’avons pas navigué, on ne peut pas dire si MACIF sera plus ou moins sûr, mais ce qui est certain, c’est que la sécurité est un sujet qui nous préoccupe au quotidien, nous avons une vraie responsabilité en tant qu’acteur de la classe Ultime, il faut qu’on soit irréprochables », conclut le responsable du bureau d'études.


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Source : Macif