Ultim / Chantier d'optimisation pour Macif, l’amélioration de l’aérodynamisme au centre des préoccupations

Débuté en janvier, le chantier d’optimisation du trimaran MACIF de François Gabart se poursuit entre Lorient et Port-la-Forêt. L’amélioration de l’aérodynamisme du bateau est l’un des éléments sur lequel travaille l’équipe technique réunie autour d’Antoine Gautier. Explications avec Guillaume Combescure, en charge notamment de ce dossier au sein du bureau d’études.


Macif de François Gabart au ponton
Credit : V.Curutchet

Gros travail sur l'aérodynamisme

Comment rendre un trimaran déjà très performant encore plus performant ? Parmi les éléments identifiés pour permettre à MACIF de rester très compétitif, l’aérodynamisme tient une place à part entière. L’enjeu de l’aérodynamisme ? Faire en sorte que le bateau lancé à toute allure soit freiné le moins possible par le vent apparent que sa vitesse crée.

« A partir du moment où le bateau avance, il y a de la traînée à la fois aérodynamique et hydrodynamique. Jusqu’à maintenant, c’était la traînée de carène qui était la plus importante. Maintenant que nos bateaux touchent de moins en moins l’eau et vont beaucoup plus vite, il faut absolument s’intéresser à l’interaction de la plateforme avec l’air », résume Guillaume Combescure, en charge du dossier aéro au sein de l’équipe Macif.


De nouvelles voiles attendues

« Globalement, il y a deux manières d’améliorer l’aérodynamisme d’un bateau : d’un côté optimiser le gréement qui est propulsif, de l’autre réduire la traînée de la plateforme », poursuit-il. Pour ce qui est des voiles, le travail incombe au sein du bureau d’études à Antoine Gautier, en collaboration avec North Sails, qui fabrique les voiles du trimaran MACIF.

« Pour la Route du Rhum et la course autour du monde en 2019, nous allons avoir de nouvelles voiles. Certaines ont déjà été changées, pour les autres, elles sont là depuis l’origine et ont quasiment parcouru 75 000 milles, ce qui est monstrueux. Là, ce seront des voiles un peu plus légères avec des géométries un peu plus optimisées », confie l’intéressé.

Guillaume Combescure ajoute : « L’objectif est d’optimiser l’efficacité des voiles et notamment leur effet plaque. Quand tu as une surface qui porte, le fait de mettre une plaque au bout de cette surface, ça aide. Ce que l’on recherche notamment, c’est d’abaisser le plan de voilure au plus proche du pont pour qu’il soit plus efficace. L’un des moyens de le faire est d’ajouter un élément pour fermer le triangle pont-mât-bôme, cela permet de rajouter de la surface propulsive, d’optimiser l’efficacité du mât et de la grand-voile et d’abaisser légèrement le centre de poussée ».


Diminuer la traînée de la plateforme

Parallèlement à ce travail sur la partie propulsive, Guillaume Combescure se concentre sur la diminution de la traînée de la plateforme. « Concrètement, ce travail se matérialise au niveau du bras avant, du bras arrière et de la barre d’écoute du trimaran MACIF, ce sont trois gros poteaux en travers de l’avancement de la route, donc l’objectif est de caréner ces éléments ». Et faire en sorte que l’air s’écoule le plus facilement possible le long de ces éléments.

Comment s’y prendre ? « Etant donné qu’on a une plateforme existante dont on ne peut plus changer les formes, ça consiste à rajouter des petits éléments ici ou là ». Quels sont les gains de performance attendus de toutes ces améliorations aérodynamiques ? « En faisant des études avec North Sails et les architectes de chez VPLP, on s’est rendu compte que les modifications prévues pouvaient générer une hausse significative de la force propulsive du bateau. »

Source : Macif