jeudi 1 novembre 2018

Erwan Le Roux, tenant du titre sur la Route du Rhum : "Prendre le timing et partir, je sais faire" - Multi50

Dimanche, Erwan Le Roux aura pris le large et entamé les 3 510 milles du parcours entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre de la Route du Rhum. Le tenant du titre en Multi50 et skipper du trimaran FenêtréA-Mix Buffet raconte, à quelques jours de larguer les amarres. 


Crédit : J Vapillon

Comment gère-t-on la pression ?

Erwan Le Roux : « C’est déjà plus facile quand on en a déjà fait deux. Mentalement, je fais des efforts pour ne pas trop me projeter. En l’occurrence, j’attends J-3 pour creuser la météo. Le faire avant, je considère que c’est simplement bon pour se mettre de la pression inutilement. 

Sur un évènement comme le Rhum, j’essaie de profiter au maximum des échanges avec les journalistes, des rencontres avec le public qui nous sollicite pour des autographes. J’aime pouvoir exploiter les dix jours précédents le départ pour partager et transmettre le plus de choses possibles. »


Le départ, un moment aussi crucial que stressant ?

« Ce qui m’inquiète le plus, c’est la section entre la sortie du chenal de Saint-Malo et la zone interdite à la plaisance. Une fois que l’on y sera, je laisserai le bateau à l’équipage et j’irai m’allonger un peu avant de rentrer tranquillement dans la zone de départ. A 10 ou 15 minutes du début de la procédure, Adam (Currier, son boat-captain, ndlr) quittera le bateau et je me retrouverai tout seul. 

Prendre le timing et partir, je sais faire. Il faudra évidemment réussir à prendre un bon départ, dans tous les cas, meilleur que les autres. Il y aura peut-être un peu de stress lié au positionnement par rapport aux Ultimes mais le reste ne me préoccupe pas plus que ça. 

J’ai travaillé les départs et été en reconnaissance sur la zone la semaine dernière encore. Je vais devoir adapter ma stratégie en fonction des conditions météo, mentaliser le parcours un peu comme un skieur avant sa descente. La voilure, la vitesse… tout sera anticipé en fonction du plan que j’aurai adopté. »


Le cap Fréhel, le dernier au revoir avec les terriens ?

« Pour moi, en réalité, c’est plutôt Bréhat qui marque la coupure avec la terre car il y a toujours quelques potes qui viennent depuis Saint-Quay-Portrieux nous voir en semi-rigide. Souvent, ça tombe au moment de la tombée de la nuit. Après ça, on se retrouve vraiment tout seul. C’est une phase importante de la course car si ce n’est pas là que la Route du Rhum se gagne, c’est potentiellement là qu’elle peut se perdre. »


Source : F Beauvois