mercredi 30 octobre 2019

Ouest ou Sud, les marins de la Transat Jacques Vabre ont fait leurs choix, PRB, Solidaires en Peloton et Aïna en tête

Les dés sont jetés sur l’Atlantique. Mais les enchères vont continuer à monter jusqu’à la fin du week-end pour la flotte de la Transat Jacques Vabre. Ce n’est finalement qu’après une semaine de course que la véritable hiérarchie entre tenants de l’ouest et du sud pourra vraiment être établie. Le juge de paix dans tout cela ? La dorsale que vont devoir passer les sudistes pour rejoindre l’alizé.


Credit : P.Contin

Multi50 : dorsale droit devant

« Il faut se reposer aujourd’hui car avec la dorsale, il va falloir attaquer comme des chiens de talus ! » Même si la nuit noire n’a pas été de tout repos avec des grains à 30 noeuds, Thibault Vauchel-Camus avait la situation bien en tête. Pas question de ralentir la cadence sur le Multi50 Solidaires en Peloton ARSEP, l’alizé n’attend pas !

Mais pour l’ attraper, il va falloir d’abord traverser une zone de hautes pressions au niveau de l’archipel de Madère. Passer dans l’ouest ne parait pas réaliste car le phénomène gonfle justement dans cette direction. Le risque est donc grand de se faire piéger dans le centre. Dans l’est, le couloir est aussi aléatoire avec d’abord du près dans du vent molissant avant de passer de l’autre côté de l’axe de la dorsale et récupérer les vents portants qui vont forcir à l’approche des côtes Marocaines où souffle déjà l’alizé.


IMOCA : dorsale ou dépression

150 milles derrière le leader de cette Route du Café, la donne est sensiblement la même pour les premiers IMOCA, même si leur décalage par rapport au phénomène pourrait rendre la traversée de la dorsale plus compliquée. En attendant, leur situation semble bien plus enviable que celle des IMOCA qui font route vers l’ouest.

Dans un vent maniable et une mer apaisée, les sudistes vont vite, profitent d’un bon angle de descente et trustent logiquement les premières places au classement général.

A l’ouest, le petit groupe de franc-tireurs composé à sa tête du trio Bureau Vallée II, Maitre CoQ et Hugo Boss s’apprête à jouer une partition beaucoup plus virile. Dans la soirée de jeudi à vendredi, ils vont pouvoir enfin plonger au Sud mais en se faisant bien secouer au passage d’un nouveau centre dépressionnaire.

35 à 40 noeuds sur les fichiers et une mer très désordonnée pendant une dizaine d’heures les attendent au passage du nouveau front froid avant de pouvoir accélérer avec moins de risque de casse. Il est fort possible qu’ Hugo Boss, Bureau Vallée, Maitre CoQ et leurs poursuivants soient encore en retrait vendredi 1er novembre au classement en distance au but. Tout dépend du franchissement de la dorsale par les tenants de la route sud et du matelas de milles que ces derniers auront accumulé à l'entrée.


Mais une chose est sure, le groupe de l'ouest abordera ensuite l’alizé avec un angle beaucoup plus favorable. Les concurrents qui seront sortis de la dorsale au niveau des Canaries devront eux multiplier les empannages pour rejoindre un point d’entrée correct dans le Pot au noir.


Class40

Les Class40 qui n’ont pas encore franchi la latitude du cap Finisterre n’ont pas beaucoup d’autre choix que de louvoyer en gagnant un peu dans l’ouest lorsque les variations du vent permettent de maintenir un cap correct tribord amures. Leur route devrait les faire passer dans l’est des Açores, un archipel qu’ils ne pourraient dépasser qu’en fin de week-end.

Source : TJV