Arrivée à Cape Town, Sam Davies : "La course s'arrête pour moi mais l'aventure continue. Je veux finir ce Tour du Monde"

 

Sam Davies est arrivée au Cap pour réparer son Imoca Initiatives Coeur endommagé. Le choc avec un OFNI a laissé des séquelles sur le bateau mais aussi la navigatrice. La sévérité des dégâts sur le bateau ne permet pas à Sam Davies de continuer le Vendée Globe. Elle fait escale à Cape Town pour essayer de réparer son bateau avec son équipe car il est impossible d’effectuer les vérifications nécessaires et une réparation solide sans sortir le bateau de l’eau. "Je suis obligée d'arrêter la course mais je veux faire le Tour du Monde pour sauver les enfants et pour moi aussi."


Crédit : S Davies


 

Les mots de Sam Davies avant son arrivée à Cape Town 

« Je redeviens lentement un être humain normal et cela entraîne un peu plus de douleur : une douleur aux cervicales (coup du lapin dans le choc), des douleurs musculaires et ma douleur aux côtes ! Mon bateau souffre aussi - c'est indéniable - mais il s'occupe de moi et nous nous rapprochons lentement mais sûrement d'un abri où nous mettre en sécurité. Le soleil est aussi apparu, ce qui aide à soulager les maux et les douleurs. 

Je suis allée m'asseoir dehors profiter de la chaleur du soleil. Et soudain, j’ai éclaté en sanglots. C'est un peu bizarre pour moi qui ne pleure jamais de faire face à toutes ces émotions. Je ne savais même pas pourquoi je pleurais. Est-ce de la tristesse pour mon bateau et pour ma place dans cette course, ou le soulagement que mon bateau et moi soyons en sécurité ? Est-ce un mélange de tout ça ? J'ai toujours pensé qu'il était stupide de pleurer quand on est seul sur son bateau - personne ne va vous aider, vous serrer dans ses bras ou vous rassurer, alors c'est plutôt une perte de temps et d'énergie. Mais à ce moment précis, je n'avais aucun contrôle sur ces émotions.

Je me suis penchée au-dessus de la casquette, j'ai regardé dehors et là, tout près, exceptionnellement près, se trouvait le plus bel albatros que je n'ai jamais vu, glissant silencieusement et lentement. Il était si proche. Normalement, les albatros gardent leurs distances, mais là, c'était différent, comme s'il pouvait sentir mon émotion et voulait m'aider. Il est resté tout près de moi et m'a offert un merveilleux spectacle. Cette distraction était bienvenue. On dit que les albatros ont l'âme des marins du passé et je veux bien le croire. J'ai l'impression d'être escortée en sécurité par ces créatures étonnantes. Je leur suis reconnaissante de se préoccuper de mon bateau et moi ! 

Le Vendée Globe c’est une aventure énorme. J’ai toujours eu beaucoup beaucoup de respect pour ceux qui ont fini hors course. Isabelle Autisier, mais aussi Enda (ndlr O'Coineen), je pense que c’est la dernière personne qui a fait ça, bien longtemps après Nick Moloney suite à un accident de quille, qui a fini hors course un an plus tard. J’ai beaucoup de respect pour ça, je trouve que ça fait partie de l’aventure. Si je peux faire partie de ces aventuriers, j’en serai, même si ce n’est pas facile parce que je suis une compétitrice. 

 Je ne suis pas la seule à arriver à Cape Town, je suis en contact avec Seb Simon, je pense qu’on va pleurer ensemble ce soir avec une bière. J’ai une grosse pensée pour lui qui abandonne pour le même problème.  »


 



Source : Sam Davies