Jérémie Beyou à l'assaut de sa 4e Route du Rhum, "nous travaillons avec Marcel Van Triest, Kevin Bloch, Nicolas Andrieu et Franck Cammas"

 

Charal 2 prendra son départ pour un premier Rhum. Jérémie Beyou, qui s’élance pour la 4e fois sur la Route du Rhum, décrit une course où les premiers jours sont décisifs et où tout peut basculer à chaque instant.

 

Crédit : E Stichelbaut

L’ENJEU
« Il s’agira de la première transatlantique de l’IMOCA Charal 2. L’objectif premier réside dans sa fiabilité : on va s’attacher à aller au bout en ayant un bateau compétitif du début jusqu’à la fin. Sportivement, la Route du Rhum est bien entendu une course que je rêve de gagner. Si le Vendée Globe est l’objectif n°1 de notre programme, la plus mythique des transatlantiques est un but à part entière pour moi et l’occasion de saluer tout le travail réalisé par nos équipes depuis le début du projet. »

 

LE PARCOURS
« Tout le monde le connait par cœur, l’a étudié et l’a bien en tête. Ce n’est pas une course longue mais il y a toujours des surprises. De petits décalages au départ peuvent engendrer de grands écarts à l’arrivée et être vite rédhibitoires. Une bataille de position a lieu dès le départ et ensuite, il faut faire le bon choix entre l’option Nord et celle du Sud. Ensuite, les Alizés sont bien moins réguliers qu’on le croit puisque le vent y est instable et qu’il y a souvent beaucoup de grains. Et à l’arrivée, le contournement de la Guadeloupe est toujours très aléatoire en fonction des conditions. »

 

LES CLÉS DE LA RÉUSSITE
« Le schéma classique, c’est d’essayer d’avancer rapidement dans l’ouest et choisir le bon moment pour passer au sud de l’anticyclone. Si l’essentiel de l’anticyclone est très nord, les options se réduisent. Les conditions déterminent tout : comment progresser dans l’Ouest ? Est-ce qu’il faut avancer en escalier, en mettant plus de Nord-Ouest ? Est-ce que l’on peut traverser en une seule fois ? Après, une fois qu’on a atteint les alizés, il n’y a plus beaucoup d’occasions de se rattraper. Une grande partie de l’issue finale se joue donc dans le premier tiers de la course.

 

LA GESTION DE L’EFFORT
« Au Vendée Globe, il n’y a quasiment pas de répit du départ au franchissement de l’Équateur. C’est très similaire à la Route du Rhum : le rythme au départ est très intense et il n’est pas rare que les conditions soient vraiment difficiles au départ. En matière de gestion de l’effort et du sommeil, ça s’apparente beaucoup à la Solitaire du Figaro. C’est un sprint haletant et intense pendant plus de 10 jours. »

 

LA PRÉPARATION
« Nous n’avons pas de routeurs pendant la course. À partir du 5e jour avant le départ, on commence à étudier la météo, à réfléchir à la stratégie et aux différents scénarios possibles. Pour être le plus précis possible, en plus de l’analyse du météorologue Marcel Van Triest, nous travaillerons avec Kevin Bloch, Nicolas Andrieu (le directeur du bureau d’étude) et Franck Cammas afin de déterminer avec le plus de finesse possible le choix de voile et la bonne attitude pour progresser. » 
 


Source : Charal