Un peu moins de 1 700 milles séparent encore l'équipage d'Holcim-PRB de l'arrivée à Cape Town

 

L’archipel Tristan da Cunha est l’endroit habité le plus isolé du monde. Battues par les dépressions de l’Atlantique sud, il règne sur ces terres un mystère que l’on aimerait explorer. Pas sûr que les équipages engagés sur The Ocean Race pensent aux récits qui habitent ces eaux au moment de croiser dans la journée la route de ces îles retirées...

 

Crédit : PolaRYSE

A bord, après 13 jours de mer, l’actualité qui anime les équipes laisse peu de place à l’imagination. Pour Holcim-PRB, il s’agit plutôt d’être dans la réalité de la course, ne rien lâcher sur les réglages, et placer le curseur au bon endroit pour aller flirter avec la limite des glaces et en finir avec le contournement de l’anticylone de Sainte-Hélène. La stratégie, le positionnement et la vitesse, voilà ce qui obsède l’équipage du projet GO CIRCULAR à l’heure où se dessine une fin d’étape intense dans les petits airs.
 
L’empannage de la nuit a mis un peu plus au clair les pions sur l’échiquier Atlantique Sud… Aux avant-postes, le monocoque suisse progresse quasiment bord à bord avec 11th Hour Racing Team, actuel leader, et Team Malizia. Le trio a creusé l’écart avec Biotherm qui a déchiré son spi et est à 62,9 milles du leader. Poussés par un flux de nord-ouest d’une vingtaine de nœuds, les IMOCA de tête filent à bonne vitesse sur une mer très praticable. « Nous sommes contents d’aller assez vite, on essaie de trouver les bons réglages, de profiter de la glisse avec une mer assez agréable depuis 12-24h, assez sud dans l’Atlantique. Tout va bien, nous avons hâte d’arriver mais on est content d’avaler les milles assez vite dans la bonne direction parce que ça fait longtemps qu’on attend ça. » décrit Tom Laperche qui passe le plus clair de son temps à la table à cartes dans son rôle de stratège.
 
Cette route vers Cape Town s’annonçait semée d’embûches et elle a laissé en effet peu de répit aux équipiers. La fin d’étape semble du même acabit. Une zone de transition et de vents faibles (dorsale anticyclonique) s’est invitée sur le chemin de Table Bay… « Ce sera beau pour le spectacle ! » confie Kevin Escoffier avec une pointe d’ironie. Côté cardio, c’est sûr qu’il y aura du rythme tant la tension va grimper sur les derniers milles de course ! Les équipages vont devoir trouver le meilleur chemin pour subir le manque de pression moins longtemps que leurs adversaires. Il reste un peu moins de 1 700 milles devant les étraves des 60 pieds et personne ne peut dire aujourd’hui qui va réussir à sortir son épingle de ce jeu.
 
Dans les heures qui viennent, Holcim-PRB va continuer à se décaler un peu plus dans le sud et dans l’est et affronter des vents plus soutenus. Les shorts et les T-shirts vont être remplacés par des polaires, des cirés et des gants au contact de l’océan austral. Un changement d’ambiance dans lequel il faudra faire encore plus preuve de prudence. « Nous allons vers le sud et l’est. Les conditions deviennent de plus en plus difficiles et les vents de plus en plus forts. Il faut garder le bateau en un seul morceau, faire attention à nous car ce sont des bateaux assez violents. Si quelqu’un se blessait, la route vers Cape Town pourrait devenir très longue » rappelle Sam Goodchild.
 
Une fois la limite des glaces atteinte, l’équipage du monocoque suisse repointera son étrave vers le nord-est pour enfin gagner Cape Town. Alors, chacun à bord devra aller puiser dans ses ultimes ressources et garder la tête froide car la victoire se jouera très probablement dans les derniers milles. Une fin annoncée pour dimanche et digne des plus belles épopées historiques !
 
Source : Effets Mer