Le pont de l'île de Ré a été débordé aux alentours de 13 heures ce mercredi, marquant le basculement dans le dernier acte de la course. Depuis, la flotte a mis le cap sur Concarneau sur un bord plus direct, mais plus subtil qu’il n’y paraît. L’arrivée des premiers est attendue demain, jeudi 23 avril, vers 4 heures du matin. Le sprint final est lancé.
Depuis le passage de l’île de Ré, la flotte s’est engagée sur le dernier bord en direction de Concarneau. Sur le papier, un long bord presque tout droit. Dans les faits, un exercice bien plus délicat. « Il n’y aura pas d’empannage, mais le vent ne sera pas linéaire », prévient le directeur de course Yann Eliès. « Il va forcir puis retomber, avec des variations sensibles jusqu’à la fin. À la clé : des choix de voiles et des micro-ajustements permanents. » Avec un vent oscillant entre 15 et 25 nœuds et un angle assez serré, les marins vont devoir jongler entre spi et gennaker. Et c’est là que la course pourrait basculer. « Ceux qui ont encore toutes leurs voiles en bon état vont passer à la caisse. Ce sont eux qui feront la différence », glisse Yann Eliès. Beaucoup de duos ont laissé des plumes sur le grand bord précédent : voiles d’avant hors d’usage, problèmes d’aérien… Autant de handicaps qui pourraient peser lourd dans cette ultime portion et creuser des écarts dans une fin de course aussi rapide que tendue.
Fatigue et incertitudes pour un final sous tension
Après quatre jours à haute intensité, les organismes sont entamés, les bateaux aussi. Dans ce contexte, rien n’est verrouillé. En tête, Nicolas Lunven et Tom Goron (PRB) tiennent toujours les commandes avec une poignée de milles d’avance, mais comme beaucoup dans la flotte, ils abordent ce dernier bord avec des armes émoussées, privés de leur gennaker. Derrière, la meute ne lâche rien. Paul Cousin et Alexis Loison (Région Normandie) restent à portée, tandis qu’Arthur Meurisse et Arno Biston (Kiloutou) ont bien recollé ces dernières heures, mais ils restent privés de spi depuis le début de la course, ce qui pourrait finir par peser dans ce final. Dans ce dernier acte tendu, entre matériel malmené et lucidité mise à l’épreuve, le moindre grain de sable peut enrayer la machine. Plus que jamais, tout reste ouvert.
Le dénouement est attendu demain, jeudi, aux alentours de 4 heures du matin pour les premiers. L’ensemble de la flotte devrait être amarré aux pontons de Concarneau avant 15h00.
Source : J Cornille
Source : J Cornille
