À l’aube d’une nouvelle saison, Antoine Mermod, président de la Classe IMOCA, se tourne vers une année 2026. Cinq grandes épreuves jalonneront le calendrier, parmi lesquelles la Vendée Arctique-Les Sables d’Olonne en solitaire, The Ocean Race Atlantic en équipage mixte et la mythique Route du Rhum-Destination Guadeloupe. Une saison qui promet de belles confrontations sportives, portée par l’arrivée de nouveaux skippers et la mise à l’eau de plusieurs nouveaux IMOCA.
Cette saison mettra une nouvelle fois en lumière l’une des spécificités de la Classe IMOCA : l’alternance entre courses en solitaire et épreuves en équipage. Une caractéristique qui reflète l’ADN de la Classe, présente à la fois sur le Vendée Globe, tour du monde en solitaire disputé tous les quatre ans, et sur The Ocean Race, tour du monde en équipage.
« Cette combinaison entre l’excellence de la course en solitaire, que nous retrouverons notamment sur la Vendée Arctique et la Route du Rhum, et le très haut niveau de la course en équipage illustré cette saison par The Ocean Race Atlantic, rend le programme IMOCA particulièrement attractif pour les fans de course au large dans le monde entier », souligne Antoine Mermod.
Si les flottes sont aujourd’hui légèrement moins nombreuses qu’il y a quelques années, le président de la Classe insiste sur la qualité sportive toujours exceptionnelle du circuit. « Il y a quatre ans, nous avons connu un plateau record. Aujourd’hui les effectifs sont un peu moins importants, mais le niveau de compétition, la qualité des projets, les nouveaux bateaux et les avancées technologiques restent au plus haut. »
La saison débutera dans trois semaines avec la 1 000 Race, une course en solitaire entre Port-la-Forêt et Concarneau via le Fastnet Rock. Elle servira de premier test grandeur nature avant l’un des grands rendez-vous de l’année : la troisième édition de la Vendée Arctique – Les Sables d’Olonne.
Le départ de cette épreuve unique sera donné le 7 juin depuis Les Sables-d’Olonne. Les skippers s’élanceront en solitaire pour une navigation exigeante jusqu’aux hautes latitudes, avec un passage au-delà du cercle polaire arctique avant de revenir en Vendée.
Dix équipes IMOCA sont actuellement inscrites, parmi lesquelles le champion en titre des IMOCA Globe Series, Sam Goodchild sur MACIF Santé Prévoyance. La course verra également les débuts en tant que skippers solitaires en IMOCA de six marins : l’Italien Ambrogio Beccaria (Allagrande MAPEI), Élodie Bonafous (Association Petits Princes–Quéguiner), Francesca Clapcich (11th Hour Racing), Nicolas d’Estais (Café Joyeux), Violette Dorange (Initiatives-Cœur) et Corentin Horeau (MACSF).
Pour Antoine Mermod, la Vendée Arctique occupe une place particulière dans le calendrier. « Le véritable défi est d’aller aussi loin vers le nord », explique-t-il. « Les skippers naviguent dans la zone où se forment les systèmes météorologiques de l’Atlantique, ce qui signifie que les prévisions peuvent évoluer très rapidement, parfois en seulement quelques heures. Cette année, le parcours impose aux bateaux de franchir le cercle polaire arctique avant de revenir aux Sables-d’Olonne : c’est un grand défi et j’ai hâte de suivre cette course. »
La Vendée Arctique possède également une histoire particulière. L’épreuve a été créée en 2020, pendant la pandémie du Covid, afin d’offrir aux skippers IMOCA une opportunité de qualification et de préparation pour le Vendée Globe. Depuis, elle s’est solidement installée dans le calendrier de la Classe.
« Après la première édition, nous avons décidé avec la SAEM Vendée de travailler ensemble afin qu’ils organisent la Vendée Arctique et tentent d’en faire l’une des courses les plus marquantes du cycle de quatre ans menant au Vendée Globe », précise Antoine Mermod.
La saison se poursuivra avec la première édition de The Ocean Race Atlantic, que le président de la Classe considère presque comme un prologue à la prochaine édition de The Ocean Race autour du monde. Cette transatlantique s’élancera le 2 septembre de New York pour rejoindre la France (la ville d’arrivée sera annoncée le 15 avril) sur un parcours qui promet une navigation stratégique.
Cinq équipes IMOCA sont actuellement engagées. Les bateaux navigueront en équipage mixte (50/50) avec quatre marins à bord, auxquels s’ajoutera un Onboard Reporter (OBR).
Parmi les projets confirmés figurent Team Malizia, mené par l’Allemand Boris Herrmann à bord d’un nouvel IMOCA dessiné par Antoine Koch, le Japonais Kojiro Shiraishi et son équipage sur un nouveau bateau (le dernier DMG Mori conçu par Guillaume Verdier), Francesca Clapcich à bord de 11th Hour Racing, ainsi que le Suisse Oliver Heer sur Embrace the Challenge.
Le Défi Azimut-Lorient Agglomération prendra ensuite le relais à partir du 15 septembre, mettant à l’honneur la flotte IMOCA à travers ses Speed Runs, le Tour de l’île de Groix et l’épreuve des 48 heures en solitaire.
La saison s’achèvera enfin avec l’un des grands classiques de la course au large française : la Route du Rhum-Destination Guadeloupe.
Cette année pourrait voir la deuxième plus grande flotte IMOCA de l’histoire au départ de cette transatlantique en solitaire de 3 500 milles entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre, avec jusqu’à 25 bateaux attendus sur la ligne de départ et une flotte particulièrement relevée, comptant de nombreux prétendants à la victoire.
« C’est une classique légendaire sur un parcours que nous connaissons tous très bien, et la remporter est extrêmement important et prestigieux pour nos skippers », souligne Antoine Mermod. « C’est toujours un véritable défi, souvent marqué par une première partie de course assez exigeante, et toutes les équipes engagées vont se concentrer sur une préparation très précise pour cette épreuve. »
En amont de la saison, la Classe IMOCA a tenu hier son Assemblée générale annuelle à Lorient. Les règles de Classe étant déjà établies pour le Vendée Globe 2028, aucun changement majeur n’a été voté par les skippers.
Le prochain chantier concerne désormais l’élaboration des règles pour le Vendée Globe 2032, qui devraient être finalisées début 2028. L’objectif reste d’encourager l’innovation technique tout en garantissant l’équité sportive, la sécurité, l’attractivité et la durabilité.
Dans cette perspective, les équipes ont été encouragées à poursuivre leurs travaux sur le développement d’hydrogénérateurs plus performants. Il a également été décidé d’augmenter le nombre de voiles RISE (Reduced Impact Sail Evaluation) à bord des bateaux pour les prochaines saisons.
« Le concept RISE et l’Eco Score, qui permet d’évaluer les voiles dans ce cadre, sont un succès et nous sommes très fiers de voir cette initiative désormais intégrée à l’ADN compétitif de la Classe IMOCA », conclut Antoine Mermod. « Avec une seule voile RISE par bateau, nous réalisons aujourd’hui que le niveau d’exigence que nous avions fixé n’était pas suffisamment ambitieux. Nous souhaitons donc aller un peu plus loin afin de continuer à stimuler les voileries qui ont adopté cette idée avec beaucoup d’efficacité. »
Source : IMOCA
