Après avoir été séparées, les deux flottes se rejoignent. Une situation que toutes et tous attendaient et qui redistribue les cartes avec, comme meilleur exemple, l’arrivée d’Adrien Hardy en tête du classement provisoire. Le marin réalise la plus belle des remontées au classement général, passant de la 34e place à la première en moins de 24 heures. Une nouvelle course va s’engager mais l’heure est à la récupération pour les 35 marins encore en course dans cette deuxième étape de La Solitaire du Figaro Paprec.
Si Adrien Hardy (Sans Nature, pas de Futur !) avait cru qu’en l’espace de 24 heures, il allait réaliser l’exploit de gagner 33 places au classement, il aurait certainement signé les yeux bandés. Après une longue navigation le long des côtes, toujours le plus à l’est de la flotte, c’est dans la matinée qu’il pique plus au nord en accélérant et en faisant l’extérieur. Une belle tactique qui lui permet de mener le groupe des chasseurs devant Léo Bothorel (Decathlon) et Marie Gendron (Kereis SNCF Voyageurs) mais surtout de s’emparer de la tête de la course. Dans ce groupe, les vitesses augmentent et certains solitaires naviguent à plus de 8,5 nœuds à l’image de Tiphaine Ragueneau (ORCOM), Erica Lush (Hope) et Eliaz Morineau (Demain sans HPV) qui sont actuellement entre les deux groupes. Accepter de perdre pour mieux gagner, cet adage prend ici tout son sens.
Dans le groupe de Nicolas Lunven (PRB), si le marin réalise une magnifique course, les sanctions tombent et le classement général provisoire commence à être chamboulé. Alexis Thomas (Wings of the Ocean), toujours bien placé depuis le départ, est dorénavant pointé en 23e position. Tous le savent, ce classement est très aléatoire et ne reflète pas encore l’avenir. Il va évoluer sans cesse au fil de la journée mais au fond d’eux une perte sèche d’une quinzaine de places fait mal au moral. Il faut pourtant rester motivé, se fier à son instinct et son expérience de marin pour se focaliser sur une belle trace.
Au pointage de la mi-journée, 7 marins issus du groupe des sudistes font leur entrée dans le Top 10. Un classement très intéressant qui révèle que dans ces variations météorologiques chaque skipper a sa chance, que l’opiniâtreté est souvent récompensée. Outre Adrien Hardy, Léo Bothorel (3e), Marie Gendron (4e), Hugo Le Clech sur Mieux (5e) réalise une belle remontée tout comme Ellie Driver sur STEM on the Startline (6e) et Oliver Hill sur Nautica by Ollie Hill Racing (7e). Tom Dolan sur Kingspan et Paul Morvan sur Foricher - French Touch réussissent à garder le cap. Enfin Eliaz Morineau sur Demain sans HPV, intercalé entre les deux groupes se positionne dixième.
Tout un panel météorologique
De la pétole aux orages, des grains à la brume, les 35 solitaires engagés dans cette deuxième étape ne sont pas gâtés. Chaque système apporte son lot de complications, de manœuvres et d’attention également. Actuellement tous bénéficient d’un flux d’une dizaine de nœuds d’ouest. Il faut vite allonger la foulée pour gagner les milles nécessaires pour le prochain placement. Si les conditions évoluent au fil des heures, les prévisions globales annoncent peu de vent sur la façade atlantique. Il faut prendre son mal en patience, telles sont les règles des solitaires.Paul Morvan (Foricher-French Touch) : « Ça va pas trop mal, j'ai pu faire quelques bonnes siestes, c’était primordial car je n’étais pas très loin de la rupture, j’étais vraiment dans le mal. Nous sommes tous comme ça je crois et j'ai même vu Arno s'endormir à la barre. Ce qui est un peu dommage, c'est de voir le groupe qui est pas mal passé par la terre mais il reste encore de la route. Nous sommes passés au large, il y a du vent ça avance, c'est pas si mal que ça. Je n’ai pas eu d’hallucinations, mais j’ai eu du mal à comprendre ce qui se passait et à réussir à me positionner. Le vent tournait dans tous les sens et je n’arrivais pas à comprendre quel cap je devais prendre. Je ne m’attendais pas à retrouver nos camarades à cet endroit, ni aussi tôt. On avait travaillé avec le pôle et j'avais vu, en termes de météo, que c’était au large qu’il fallait aller et surtout pas là où ils étaient. Je suis tout de même très satisfait car dans mon groupe il y a les favoris de la course. J'ai réussi à bien naviguer avec eux et à bien batailler. Il reste encore deux jours pour aller grappiller le deuxième paquet mais déjà j'essaye de me satisfaire de la belle bagarre que j'ai réussi à faire avec mes camarades depuis le début de la course ».
Arno Biston (Article.1) : « J'étais plutôt bien parti dans les orages, j’avais réussi à sortir mon épingle du jeu et la vie en a décidé autrement. J’ai explosé mon grand spi en deux. Je tente de réparer à bord mais ce n’est pas facile. Ça fait deux heures que je suis dessus. On va essayer de retrouver la même vitesse que nos copains qui ont très bien joué. Ils font le tour de la paroisse, c’est le jeu. Il faut l'accepter ».
Source : Rivacom
