Il aura fallu batailler Jusqu’au dernier mille de cette deuxième étape de la Solitaire du Figaro Paprec avant de pouvoir souffler… enfin. De nouveau grand animateur de ce long parcours entre Vigo et Pornichet disputé dans des petits airs, Nicolas Lunven a déroulé une nouvelle copie aux avant-postes dans des conditions météo particulièrement difficiles. Le temps s’est étiré sur l’Atlantique mettant à mal les corps et les esprits pendant presque quatre jours d’une compétition de chaque instant. Après sa 5e place sur la première étape, PRB prend la deuxième place à Pornichet au terme d’un final haletant face au bizuth Paul Loiseau.
À l’arrivée en ce début d’après-midi, Nicolas savourait le plaisir d’en avoir (bien) fini avec ce qui restera comme une étape marquante de la Solitaire tant les changements de leaders ont été incessants et les conditions de navigation éreintantes. « J’étais toujours plutôt en tête de mon groupe au large tout le temps. C’était très indécis les conditions, je pense que personne ne savait comment ça allait se passer. J’étais plutôt bien en phase avec le bateau, avec ce qui se passait sur l’eau même si je n’ai pas tout compris car c’était bien le bazar. C’était plutôt une bonne nouvelle de pouvoir faire converger nos routes avec Paul (Loiseau) pour se retrouver tous les deux au niveau de la côte ce matin et d’essayer de s’échapper. C’est plutôt une bonne opération cette étape donc je suis super content » commentait Nicolas une fois amarré au ponton avant d’expliquer comment il a été contraint de laisser s’échapper Paul Loiseau ce matin : « Après le contournement de la zone d’éoliennes de Guérande, j’étais vraiment revenu dans le tableau arrière de Paul, à 5 mètres. Mais j’ai subi un mauvais enchainement. J’ai pris une algue énorme et j’avais un souci de girouette qui marchait un peu quand elle voulait à la fin. Pour aller enlever l’algue, j’ai mis le pilote en mode vent et la girouette a déconné à ce moment-là. Bref, je n’ai pas réussi à enlever l’algue et Paul en a profité pour creuser. J’ai fini par faire une marche arrière pour me séparer de cette algue. Et Paul ne m’a pas attendu le coquin ! ».
Pour son retour sur la Solitaire du Figaro Paprec après 9 années d’absence, Nicolas s’installe aujourd’hui à la deuxième place du classement général provisoire à seulement 3 minutes et 38 secondes du leader provisoire Tom Dolan (Kingspan). Compte tenu de ce scenario, dimanche à 19h, la tension sera une nouvelle fois à son comble à l’heure de quitter Pornichet pour la troisième et dernière étape vers Le Havre. Le skipper de PRB a désormais toutes les cartes en main pour réaliser un triplé après ses deux victoires précédentes (en 2009 et 2017) même si à l’arrivée cet après-midi, il ne se projetait pas encore sur la suite mais pensait uniquement à recharger les batteries. « Les conditions n’ont pas été faciles. C’est dur, il faut être capable de se motiver, de lutter contre le sommeil. On n’a pas cumulé beaucoup d’heures de sommeil sur cette étape. La petite sieste va être la bienvenue. J’ai réussi à dormir au petit matin mais juste des siestes de 5 à 10 minutes (…). Pour le moment, je n’ai pas trop la tête dans la prochaine étape, je sais juste que le départ est décalé à dimanche. Je vais d‘abord me reposer et manger car je me suis trompé dans la nourriture et depuis hier, je n'ai rien à manger ». La priorité est à la récupération pour Nicolas avant de s’élancer pour conclure cette Solitaire toujours avec l’étiquette de favori collée au ciré.
S’il est encore tôt pour être formel, la dernière étape pourrait être bien différente sur le plan météorologique avec une dépression attendue en Manche pour la fin de course. Cette édition 2026 viendrait dans ce cas sacrer un marin complet qui aura su se jouer de conditions variées et de la pression générée par la compétition de très haut vol que nous livre le skipper de PRB et l’ensemble de la flotte.
Source : Effets Mer
