Le trio du jour (Nicolas Lunven, Martin Le Pape et Hugo Cardon), composé de deux marins aguerris et d’un jeune talent déjà vainqueur d’une étape en 2025, alors qu’il était bizuth, ont réussi un petit break sur cette deuxième journée de la deuxième étape de La Solitaire du Figaro Paprec. Si tout est éphémère dans ces circonstances, chaque petite victoire permet de construire la suivante et, au final, de consolider une position. Les conditions très complexes sur le plan d’eau donnent du fil à retordre aux marins qui doivent, sans cesse, composer pour mieux performer et garder de la vitesse.
C’est un véritable défilé de mode qui s’organise sur le plan d’eau au large de la pointe de la côte espagnole sur. Tout y passe, du gennaker au spi, affalage, hissez haut, on range, on ressort, les marins ne sont pas épargnés. Dans les conditions très, trop légères sur l’eau, il est difficile de trouver le bon compromis. Mais le scénario était bel et bien connu. Quoi qu’il en soit entre les fichiers et la réalité il faut composer. À ce petit jeu, un groupe de marins a réussi à prendre cette petite poudre d’escampette, une dose suffisante pour dire au revoir, pour le moment, le adieu serait prétentieux. Nicolas Lunven, en bon marin expérimenté, n'en est pas à sa première pétole et, quand bien même, à la faveur de quelques risées bien exploitées a réussi le petit break. A 15h le skipper du Figaro PRB compte 2,1 milles d’avance sur son dauphin provisoire, un autre navigateur qui connaît trop bien ces conditions, Martin Le Pape sur Paprec. Les « anciens » répondent présents et ne comptent pas céder leur place.
Plus tôt dans la matinée, Hugo Cardon (Sarth’Atlantique) et Pier Paolo Dean (Banques Alimentaires) se départageaient sur tapis vert pour l’obtention du Trophée Windchaser by Bollé, les deux marins étant à égalité de points. Petit rappel, ce trophée récompense la meilleure remontée au classement général entre la bouée Paprec qui marque la fin du parcours côtier et le sprint intermédiaire. Grâce à sa deuxième place au sprint, Hugo Cardon remporte le Trophée. Il réalise une magnifique remontée en passant de la trentième à la deuxième place, soit un gain de 28 places.
Inexorablement la flotte s’éparpille sur ce grand échiquier Gascon, mais les conditions pour les heures et les jours à venir ne vont pas faciliter la vie des marins, qu’ils soient devant, au milieu ou derrière. Tous ont encore des chances de revenir et de construire leur stratégie. Il faut être fort mentalement pour affronter ces différentes phases et découvrir la dure loi du classement. La route est encore longue et les options de reprendre des places bien réelles.
Loïs Berrehar (Banque Populaire) : « C'était intense quand même. Nous avons, avec un petit groupe, opté pour une route un peu plus large dès le départ. Ça me semblait plus compliqué vers la terre. Du coup on a réussi un peu à partir et puis après ça avançait, ça reculait un coup toi, un coup moi, ça faisait le yo-yo. C'était intense les orages, le vent qui tourne dans tous les sens, c'était impressionnant. Et puis voilà on cherche du vent. Je crois que c'est le lot de l’ensemble de la flotte. Je pensais que nous aurions un peu plus de vent là où nous sommes et surtout parce qu'on avait un peu d'avance mine de rien. Malheureusement nous n’avons pas trop de quoi faire avancer le bateau . Pour bien être dans le coup il faut essayer de dormir, moi j'ai réussi à dormir en fin de nuit et là j'ai réussi à faire quelques siestes jusqu'à ce que ça se casse la figure. Il faut quand même à la fois être dessus pour ne rien louper, mais à la fois Il faut garder un peu de fraîcheur, il faut essayer de dormir, il faut bien boire, s'alimenter, pas trop cramer au soleil, bien régler ses voiles et son pilote, enfin… un exercice de Figaro ! ».
Nicolas Lunven (PRB) : “ Nous ne nous sommes pas vraiment ennuyés cette nuit avec tous les orages qu'il y a eu, donc beaucoup de manœuvres, beaucoup de changements de trajectoire. Je ne m'en suis pas trop mal sorti, j'ai réussi à recoller dans les orages au bateau de tête et être avec eux au petit matin. Ce matin je suis plutôt en réussite donc j'ai pû prendre la tête mais bon c'est quand même la grosse pétole. C'est évidemment loin d'être fini et là je suis plus ou moins arrêté, avec l’espoir que le vent rentre le plus vite possible. Normalement on devrait toucher du vent de sud-ouest, nous devrions déjà l'avoir donc j'espère qu'il ne va pas trop tarder ».
Pier Paolo Dean (Banques Alimentaires) : « C'est la première fois que je navigue devant. Et je suis assez content parce qu'au départ je sais pas si vous avez vu mais déjà j'ai grillé la ligne donc j’ai dû la repasser et ensuite j’ai fait une belle erreur avec mon spi qui est tombé à l’eau et j’ai chaluté. Il a fallu que je le remonte. J'avais vu avec mon routeur que s'il y avait des orages à terre, il fallait potentiellement prendre un peu de distance avec la terre et du coup je suis allé au large j'ai suivi et au final ça s'est bien passé. Je me suis un peu reposé, j'ai bien dormi cette nuit, c'est pour ça que j'ai perdu un moment mais je pense que c'était payant parce que du coup ce matin je suis revenu et j'ai pu remettre de la distance à ceux qui m'avaient dépassé dans la nuit. Moi je viens de l'Olympisme, donc c'est sûr que c'est le genre de conditions que j'adore. Je préfère ce genre de conditions plutôt que la brise. J’arrive enfin à être devant comme à l'époque quand j'étais petit en voile légère, donc ça c'est cool ».
Source : Rivacom
