A fond sur l’accélérateur pour Elodie Bonafous sur la Vendée Arctique, "beaucoup de transitions et très peu d'occasions de récupérer"

 

Depuis le départ de la Vendée Arctique – Les Sables d'Olonne, Élodie Bonafous n'a jamais levé le pied. La skipper d'Association Petits Princes – Quéguiner dispute une course pleine d'engagement, où l'intensité des conditions n'a d'égal que son envie d'exploiter chaque opportunité. À quelques jours de l'arrivée, attendue entre lundi soir et mardi matin, la Finistérienne continue d'animer l'une des plus belles bagarres de cette édition, au sein d'un groupe de quatre marins qui se tiennent en quelques dizaines de milles seulement.



Crédit : E Bonafous 

Jeudi après-midi, elle est devenue la deuxième concurrente de la flotte à franchir le cercle polaire arctique. Un cap symbolique, rapidement laissé derrière elle. Depuis, son IMOCA dévale vers le sud à des vitesses impressionnantes. « En ce moment, j'appelle ça le programme essorage 1 400 tours ! Ce n'est pas forcément très agréable à vivre, mais c'est terriblement efficace ! » sourit-elle. À bord, les pointes dépassent régulièrement les 32 nœuds et les périodes de répit sont rares. Car cette Vendée Arctique s'est révélée particulièrement exigeante depuis le départ. « Il y a eu énormément de manœuvres, beaucoup de transitions et très peu d'occasions de récupérer. Mais je ne suis pas venue ici pour me reposer. Je dormirai quand je serai arrivée à terre ! » Une formule qui résume parfaitement l'état d'esprit de la Bretonne, déterminée à tirer le maximum de son bateau malgré la fatigue qui s'accumule.

Cette détermination se lit aussi dans ses choix. Alors que plusieurs de ses adversaires directs hésitent encore ou ont choisi de contourner l'Irlande par l'ouest, Élodie Bonafous a décidé de suivre la même trajectoire que le leader Sam Goodchild (MACIF Santé Prévoyance) en s'engageant dans le Canal du Nord. Un passage plus court, plus rapide sur le papier, mais aussi plus exigeant, entre courants, trafic maritime et navigation à proximité des côtes. « Honnêtement, je n'ai pas beaucoup hésité. Il faut jouer à fond les cartes qui se présentent. » Ce choix n'est pas anodin. Longtemps installée à la deuxième place, la navigatrice a vu Ambrogio Beccaria (Allagrande Mapei) revenir au contact puis la déborder. Loin de l'inciter à la prudence, cette situation semble au contraire nourrir sa combativité. « Je suis un peu frustrée d'avoir vu Ambrogio et Violette revenir sur moi », reconnaît-elle. « Maintenant, j'essaie de récupérer les quelques milles qu’ils m’ont repris ces dernières heures. »

Son pari s'appuie aussi sur son expérience. « Ça ne m'inquiète pas particulièrement parce que j'y suis déjà allée en Figaro Beneteau. » Elle sait que ce passage étroit demandera de la vigilance, mais elle y voit également plusieurs avantages. « Bien sûr, il y a davantage de risques dans cette trajectoire. On navigue plus près des côtes, dans une zone plus resserrée. Mais la mer va devenir beaucoup plus plate et, finalement, il n'y a pas tant de trafic que cela en dehors des grands points de passage. » À mesure que la flotte se rapproche des côtes européennes, les écarts demeurent faibles et plusieurs scénarios restent ouverts. Entre le Canal du Nord, les transitions météo annoncées et une usure qui gagne progressivement l'ensemble des concurrents, rien n'est encore figé dans la lutte pour les places d’honneur. Pour l'heure, la navigatrice reste concentrée sur l'essentiel : « Je suis justement en train de repérer toutes les zones de vigilance et de réfléchir à la meilleure façon de gérer la fatigue. »

Accélérer quand il le faut, assumer les options les plus ambitieuses et continuer à attaquer malgré la fatigue : depuis une semaine, Élodie Bonafous navigue avec la même ligne de conduite. Dans une course qui ne pardonne ni les hésitations ni les temps faibles, la Finistérienne n'a manifestement renoncé ni à l'un ni à l'autre.


Source : Rivacom