Basile Bourgnon en Ocean Fifty, Guillaume Pirouelle en Class40, la DRHeam Cup attend les premiers bateaux demain à Lorient

 

Après plus de 48 heures de course, les concurrents de la DRHEAM CUP/GRAND PRIX DE FRANCE DE COURSE AU LARGE butent tous depuis la nuit de dimanche à lundi dans une zone de transition orageuse située entre les marques DRHEAM-CUP et Rochebonne, d’où un ralentissement général et, dans certaines classes, une redistribution des cartes. Les premiers bateaux sont attendus mardi matin dès 3h sur la ligne d’arrivée à Lorient.

Crédit : G Pirouelle


Le portant et le reaching dans 20-25 nœuds, synonymes de première partie de course à grande vitesse, sont désormais rangés au rayon des bons souvenirs des 93 concurrents encore en lice lundi après-midi sur la DRHEAM CUP/GRAND PRIX DE FRANCE DE COURSE AU LARGE. Comme Christian Dumard, le consultant météo de l’épreuve, l’avait annoncé ce week-end, la remontée d’une dépression orageuse de l’Espagne vers la Bretagne a barré la route de l’ensemble de la flotte sur le long tronçon entre la marque DRHEAM-CUP, située plus ou moins à l’ouest selon les parcours, et celle de Rochebonne.

« Ils sont dans ce qui avait été présenté par Christian, à savoir une zone de transition assez complexe à aborder, avec du petit temps et des vents assez erratiques. On voit des bateaux qui partent au nord, d’autres au sud, il y a parfois des angles un peu surprenants, certains auront pas mal perdu sur ce coup-là, d’autres gagné, on fera les comptes à la fin », commente François Seruzier, qui seconde, avec Pierre Hays, le directeur de course Francis Le Goff.

Qui dit dépression orageuse dit effectivement vents capricieux, entre grains assez violents et pétole, accélérations et coups de freins, qui sont autant de moments d’espoir et de désespoir pour les solitaires, duos et équipages en lice. Sophie Faguet, engagée sur le Class40 Défi Solidaire avec Ellye et l’Arche, penchait plutôt du côté sombre lundi après-midi : « Je viens de passer une bonne heure de m…, je crie rarement sur un bateau, mais là ! Non, il ne fait pas toujours beau et il n'y a pas toujours des dauphins au soleil couchant sur une mer lisse ! On navigue dans une mer mal formée, un vent qui n’en fait qu'à sa tête en force et en direction. Et je viens de me faire deux virements ratés avec ballasts à l'envers... » La Normande concluait cependant sur une note d’espoir : « Maintenant que c'est dit, on repart d'un bon pied, c'est la même pour tout le monde et il y a peut-être encore des cartes à jouer. »

Sur l’Ocean Fifty Solidaires en Peloton, Thibaut Vauchel-Camus décrivait des conditions à peu près similaires : « Ce n’est pas un lundi au soleil, on a une petite dépression orageuse qui nous donne du vent instable qui oscille régulièrement, du nord-est au sud-est et vice-versa, des nuages, de la pluie, des petites activités… Si on n’a pas la réussite et les bons nuages pour avancer et trouver la sortie de tout ça, la journée peut être longue… » Dans ces conditions, les nerfs peuvent être mis à rude épreuve, même si beaucoup tentent de relativiser, à l’instar de l’équipage du classique Faiaoahe (Oscar Gérin, IRC équipage), qui a profité de la molle pour sortir les cannes à pêche et envoyer une photo de son carpaccio avec la prise du jour, ou du Pogo 12.50 Cléobulle (Oscar Lenoel, IRC équipage) : « On a des conditions orageuses, avec un vent très instable, parfois présent et souvent inexistant, mais tout va bien à bord, l’équipage ne s’est pas encore entretué ! »

Cette zone de transition devrait ralentir encore quelques longues heures l’ensemble de la flotte, même si, pour les premiers, elle est quasiment terminée, avec une arrivée qui se profile, entre le lever du jour et la fin de matinée mardi, pour les deux bateaux les plus proches de la ligne d’arrivée à Lorient, engagés sur le parcours DC 600. A savoir l’Orma Arkéa-Handicap International (Damien Seguin/Gérald Véniard), solide leader en Multi 2000, et le plus grand bateau de la flotte, le Volvo Open 70 Ocean Breeze-Majorica (Alan Roura), promis à la victoire en temps réel en IRC équipage, a priori devant le légendaire 60 pieds Le Cigare Rouge (Sidney Gavignet) et le Lift 45 Maxitude (Xavier Belluard), qui ont creusé l’écart sur le reste de la flotte.

Plus d’incertitudes en revanche pour les Ocean Fifty, avec un regroupement général au début de la molle, qui a permis aux retardataires de recoller, des options nord/sud, mais finalement, un classement lundi après-midi proche de ce qu’il était 24 heures plus tôt à la bouée virtuelle DRHEAM-CUP, à savoir Edenred (Basile Bourgnon) devant Wewise (Pierre Quiroga), Viabilis Océans (Baptiste Hulin), Elvest (Matthieu Perraut) et Sodebo Fifty (Léonard Legrand). Le suspense pour la victoire devrait durer jusqu’à la ligne à Lorient, où les premiers sont attendus mardi matin.

Même chose en Class40, avec un groupe de tête qui reste très compact et s’efforce de négocier au mieux la zone de transition, avec toujours les trois mêmes hommes aux commandes, parfois dans le désordre, à savoir le Normand Guillaume Pirouelle (Seafrigo-Sogestran), l’Italien Luca Rosetti (Maccaferri Futura) et Corentin Douguet (SNSM, Faites un don !). Du côté des deux autres catégories en solitaire, les Vintage Multi et Vintage Mono, la zone de transition est au programme des prochaines heures, ce qui pourrait redistribuer les cartes entre les trois multicoques en lice, GDD (Halvard Mabire), MG5-Econav (Marc Guillemot) et Sterec Ultime (Christophe Bogrand), mais également entre les deux monocoques de 50 pieds qui font jusqu’ici la course en tête en Vintage Mono, Eurvad (Tanguy Caradec) et Use it Again for Youth (Titouan Pilliard).

Quels que soient les résultats des courses, tous seront en tout cas accueillis avec la même chaleur à Lorient, où le village officiel ouvre ses portes mardi 14 juillet à 10h et attend le public, qui aura ainsi l’occasion de venir y célébrer les premiers arrivés et la Fête Nationale, avec de nombreuses animations et de quoi se restaurer et s’hydrater à la taverne Lancelot.

A suivre, ici 


Source : S Guého