Demain à 14h30, la ligne de départ de la première étape de la Mini Atlantique va s’animer pour une traversée qui s'annonce aussi intense que rapide. Initialement prévu un peu plus tôt, le signal de départ a été décalé d'une heure afin de permettre aux 64 voiliers engagés de bénéficier d'un vent plus stable au moment de s'élancer.
Pour une grande partie de la flotte, ce départ marque une bascule majeure vers le très grand large. Jusqu'ici habitués aux parcours côtiers, beaucoup de skippers s’apprêtent à vivre leur tout premier saut dans l'inconnu sur une navigation océanique en solitaire de cette ampleur. « C’est ma première vraie course au large [...]. C'est vraiment l'occasion de naviguer dans de vraies conditions offshore, en plein milieu de l'Atlantique. Ça va nous changer de la navigation côtière !», confie ainsi le jeune Arthis Espagnon (Kir au Cassis). Même enthousiasme du côté de Margaud Venin (n°1016), qui a bataillé plus de deux ans pour être au départ demain : « Toute la préparation technique pour qu'un bateau tienne sept jours au large reste un gros morceau. Maintenant que tout est prêt, il n'y a plus qu'une chose à faire : partir pour de vrai. »
Des conditions propices aux records
Sur le plan météorologique, les voyants sont au vert. Un vent soutenu accompagnera les marins tout au long du parcours, sur des trajectoires idéales et proches de l'orthodromie (la route la plus directe). « La météo s'annonce top, confirme Yann Ponsot (CESAP, n°1094), kinésithérapeute dans son autre vie. Je suis à la fois rassuré, très content de partir et impatient. » Une météo idéale confirmée par Mathias Lestienne (n°915) : « C'est une super étape qui s'annonce, avec des conditions météo qui devraient être très cool, presque tout au portant. L'objectif est d'en profiter à fond, d'aller le plus vite possible sans rien casser. »Si certains routages laissaient initialement envisager jusqu'à neuf jours de mer pour les bateaux de série plus anciens — incitant des marins comme Louis Blanchier (Bindo) à rappeler l'importance « d'apprendre à s'écouter, à mieux dormir et à préserver aussi bien le bonhomme que le matériel » —, les prévisions les plus récentes tablent sur une traversée particulièrement véloce. Les premiers concurrents pourraient en effet couper la ligne d'arrivée dès le 28 juillet, soit seulement 6 jours après le départ, ouvrant très sérieusement la voie à un nouveau record d'étape. Le temps de référence, établi par Giancarlo Pedote en 2014 est en effet de 6 jours, 22h et 53 minutes.
Isolement et gestion du large : le grand test
Au-delà de la vitesse, cette première étape sera un révélateur humain et technique face à la coupure totale du monde. « C'est la toute première fois que je vais être à ce point coupé du monde en solitaire, explique Côme L’Ollivier (EDF, n°1077). L'objectif est clair : prendre du plaisir et aller le plus vite possible pour profiter au maximum de l'escale. » Entre la réception des cartes météo par radio BLU et le rythme effréné imposé par un vent portant, les 64 marins auront fort à faire dès les premiers milles avant de pouvoir goûter au repos de l'escale.Source : M Honoré

