Le groupe de tête contourne par le nord la zone de hautes pressions, tandis que les derniers de la flotte lorgnent une route plus directe vers Lorient. Ce septième jour de The Ocean Race Atlantic voit les quatre équipes de tête naviguer vite et en formation serrée, alors qu'elles tentent de contourner par le nord la zone de hautes pressions qui les avait ralenties hier avec des vents faibles et persistants.
Mardi matin, le bateau le plus au sud du groupe, DMG MORI Global One (JPN), skippé par Kojiro Shiraishi, conservait une courte avance sur United by the Ocean (FRA), skippé par Paul Meilhat, deuxième, et sur 11th Hour Racing (USA), skippé par Francesca Clapcich, troisième.
Alors qu'il reste moins de 1 000 milles nautiques à parcourir dans cette première édition de la course transatlantique reliant New York à Lorient, sur la côte nord-ouest de la France, pas plus de quatre milles nautiques séparaient ce trio en termes de distance jusqu'à l'arrivée. De son côté, l'équipage allemand de Team Malizia, skippé par Boris Herrmann et quatrième, reste une menace constante, ayant réussi à combler une bonne partie de son retard sur les équipages de tête pendant la nuit.
« Nous sommes toujours en tête de la flotte, mais 11th Hour Racing et United by the Ocean restent très proches, juste derrière nous », a rapporté Nicolas Lunven, navigateur de DMG MORI Global One, en regardant le soleil se lever. « Ils sont un peu plus rapides, ce qui est normal puisque nous entrons dans une zone de hautes pressions sans vent, mais au moins, on a un magnifique lever de soleil juste devant nous. »
« Le vent est plutôt faible — autour de 12 nœuds — et nous sommes au travers. La zone de hautes pressions est censée se déplacer lentement vers le sud-est, ce qui devrait nous amener jusqu'à la côte bretonne dans un angle de travers, avec de très bonnes conditions et un temps agréable. Ça devrait donc être une belle fin de course. »
À bord de 11th Hour Racing, le navigateur Will Harris prévoyait lui aussi de bonnes conditions pour les derniers jours de la traversée de l'Atlantique, mais a également indiqué que la vitesse à laquelle la zone de hautes pressions bloquante allait se dégager serait un facteur clé pour déterminer qui emprunterait la route la plus rapide vers l'arrivée. Dans cette optique, Harris a estimé que la course pourrait bien ne se décider qu'au moment de l'approche finale vers Lorient.
« On espère avoir de belles conditions de travers, et peut-être même un peu de portant vers la fin », a-t-il déclaré. « Ce à quoi je m'attends, c'est que tout se joue sur les 100 derniers milles de la course, au moment où nous approcherons de la pointe nord-ouest de la France. La façon dont ce front va se dégager déterminera qui pourra être le plus rapide pour rallier l'arrivée, dans des conditions qui évoluent très vite. Je pense que ça va être une arrivée très serrée, et il va falloir continuer à pousser jusqu'au bout. »
L'équipage de Team Malizia a profité de vents plus faibles pendant la nuit pour travailler sur l'angle d'attaque de son foil bâbord, qu'il n'avait pas pu ajuster depuis plusieurs jours, après avoir découvert des dégâts à son extrémité intérieure.
« Nous avons attendu que le vent baisse et que la mer soit moins formée pour pouvoir travailler sur le puits de foil », a expliqué le skipper Boris Herrmann. « Sur les conseils de l'équipe technique à terre, nous avons fabriqué des cales à insérer devant le foil, afin qu'il se trouve dans une meilleure position, avec plus de rake. Maintenant, on a au moins un peu de rake — 1,6 degré — donc c'est déjà mieux qu'un rake négatif. Le bateau a maintenant une très belle assiette, il vole au-dessus de l'eau avec l'étrave relevée — et on a gagné quelques nœuds de vitesse en plus. Le bateau a l'air content — et nous aussi. »
Bien que distancés du groupe de tête de respectivement 280 et 344 milles nautiques, Embrace the Challenge (SUI), cinquième, et MSIG Europe (NZL), sixième, pourraient bien profiter du détour par le nord effectué par les quatre premiers autour de la zone de hautes pressions pour regagner de précieux milles, en empruntant une route plus directe vers l'arrivée.
« Ce qu'il y a de très particulier dans la situation actuelle, c'est que même si nous sommes très loin derrière le groupe de tête — à cause de la réparation de notre grand-voile —, cela nous ouvre en fait une route beaucoup plus directe vers Lorient. Les conditions sont assez calmes pour l'instant, mais le vent va se renforcer et tourner vers le sud. Si tout se passe bien, ce sera quasiment une ligne droite jusqu'à l'arrivée. Liz [Wardley] a fait un travail fantastique sur la réparation de la grand-voile, donc on n'est plus vraiment inquiets à ce sujet. Du coup, plutôt que de chercher une route avec des vents modérés, on va essayer de trouver la route la plus rapide — ce qui est toujours agréable. »
Lors du Super Sprint de mardi, ce sont les derniers du classement général de la route vers Lorient — Embrace the Challenge et MSIG Europe — qui ont dominé le tableau, profitant de vents et d'un état de mer plus favorables pour s'emparer des deux premières places, Team Malizia complétant le podium en troisième position et consolidant ainsi sa place en tête du classement du Sprint.
Source : TORA
