Dimanche 1er novembre, à Saint-Malo, deux trimarans aux couleurs de Sodebo prendront le départ de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe. Pour sa huitième participation consécutive, Thomas Coville s’élancera pour la deuxième fois à bord de Sodebo Ultim 3. De son côté, Léonard Legrand découvrira l’épreuve sur l’Ocean Fifty Sodebo Fifty. Après avoir battu ensemble le record du Trophée Jules Verne, les deux marins s’apprêtent à relever des défis bien différents : d’un côté, la puissance et la haute technologie de l’Ultim ; de l’autre, l’engagement et l’exercice d’équilibrisme qu’exige l’Ocean Fifty. Pour l’un comme pour l’autre, ce sera un sprint sur l’Atlantique de 3 500 milles (6482 km).
Thomas Coville : « En Ultim, le monde de la data est entré au cœur du pilotage»
Thomas Coville n’a manqué aucune édition de la Route du Rhum depuis sa victoire en monocoque en 1998. Ensuite, il a toujours pris le départ en multicoque et sous les couleurs de Sodebo. En 2026, il s’élancera pour la deuxième fois à bord de Sodebo Ultim 3, un maxi-trimaran de 32 mètres de long par 23 mètres de large particulièrement exigeant à mener en solitaire sur l’Atlantique. Mais contrairement aux marins des Ocean Fifty, pour qui le chavirage constitue une crainte majeure (lire ci-dessous), Thomas Coville redoute d’autres avaries. « J'appréhende davantage la casse d’un appendice ou d’un plan porteur », précise-t-il.Au-delà du risque de casse, l’un des grands enjeux consiste à maintenir des vitesses supérieures à 40 nœuds (74km/h) pendant plusieurs heures, tout en maîtrisant la complexité des réglages. « La vitesse fait monter le niveau d’exigence. Cela demande une acuité et une concentration extrêmes, physiquement et mentalement, souligne Thomas. Si on n’est pas en mesure de régler de manière optimale, la perte de vitesse peut être énorme, de l’ordre de 15 nœuds. L’Ultim devient alors comme un albatros à qui on coupe les ailes. »
Deux éléments, parmi bien d’autres, sont essentiels à la performance : le travail sur les pilotes automatiques et la gestion des données. « En solitaire en Ultim, le monde de la data est entré au cœur du pilotage », confirme Thomas Coville. Très protégé, le cockpit de Sodebo Ultim 3 permet au skipper de manœuvrer au sec. En contrepartie, il le coupe davantage des éléments. « On navigue en quelque sorte à l’aveugle, c’est un peu comme rouler en voiture les yeux fermés, la nuit avec de la pluie », image-t-il. D’où l’importance de pouvoir se fier aux données. Sodebo Ultim 3 compte au total près de 500 points de mesure, tandis qu’une soixantaine d’alarmes peuvent se déclencher et maintenir le skipper en alerte permanente. Une vigilance qui devra être maintenue pendant toute la durée de la Route du Rhum 2026, estimée entre cinq jours et demi et sept jours par Thomas Coville.
Face à une telle exigence, comment dormir, comment s’alimenter ? « Ma durée de sieste idéale est très précisément de 23 minutes. Au-delà, je tombe dans un vrai sommeil profond et il devient difficile de me réveiller. Je peux parfois enchaîner plusieurs cycles, si la situation est stable. Sur une période de 24 heures, je dors généralement deux heures et demie », détaille Thomas Coville. Il reconnaît aussi avoir du mal à s’alimenter et à s’hydrater suffisamment. Pour cela, il peut compter sur des lyophilisés conçus spécialement par le labo R&D de son partenaire de toujours Sodebo avec des recettes spécifiquement adaptées à l’intensité de la course et à ses goûts.
Léonard Legrand : « Un numéro d’équilibriste sur 12 jours »
Pour Léonard Legrand, la Route du Rhum - Destination Guadeloupe est une découverte, et il ne s’élance pas à bord d’un bateau facile. Les Ocean Fifty sont des trimarans rapides, capables de tenir des vitesses moyennes autour de 28 nœuds (50 km/h), avec des pointes à 37 nœuds (69 km/h). Ils laissent peu de place à l’erreur, et terminer en solitaire le parcours entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre est déjà une performance en soi. « Le risque de chavirage est omniprésent, rappelle Léonard. Les Ocean Fifty sont des bateaux légers, bien toilés, et relativement petits pour l’exercice. Tout est question de dosage. Sur la Route du Rhum, c’est un numéro d’équilibriste sur 12 jours. J’essaie de partir apaisé car nous avons fait une belle préparation, mais je reste conscient qu’on ne peut pas non plus tout maîtriser sur une telle course. »Contrairement à celui de Thomas Coville, le cockpit de Léonard Legrand, très ouvert, n’est pas vraiment protégé du vent et de la mer. « Mon bateau est assez peu ergonomique pour vivre confortablement », reconnaît-il. Lorsqu’il manœuvre ou règle ses voiles, Léonard est particulièrement exposé aux éléments. « C’est un choix que j’ai fait en début de saison. On ne pouvait pas tout faire sur le bateau et j’ai préféré optimiser la performance, quitte à mettre de côté certains éléments de confort, explique le jeune skipper de 32 ans. Ce bateau a été mis à l’eau en 2009 et il a déjà fait plusieurs fois la Route du Rhum, il l’a même remportée, je sais que c’est possible. »
Malgré cet inconfort et sa taille d’1m91, Léonard Legrand a prévu de quoi se reposer sous la petite casquette de protection, avec toutes les commandes à portée de main en cas de besoin. « J’ai un petit pouf et je peux allonger mes jambes sous le meuble de winch. Si les conditions sont stables je ne m’interdis pas d’aller faire une sieste en bas, à l’abri et au sec. Je vise au moins 4 heures de sommeil par 24 heures, par tranches de 40 minutes maximum. Ne pas dormir est une grosse erreur. Il faut à tout prix éviter de rentrer trop fortement en dette de sommeil, pour ne pas perdre en lucidité », détaille-t-il. Autre écueil à éviter : négliger l’alimentation. Léonard met donc un point d’honneur à prendre trois repas chauds par jour pour garder l’énergie nécessaire à manœuvrer sa machine.
Au-delà de la gestion de son effort et de ses temps de repos, il devra aussi résister à la pression de la concurrence. Dans une classe particulièrement dynamique, où l’émulation peut être forte, l’enjeu est de ne pas se laisser entraîner dans un rythme trop élevé. « C’est presque le sujet qui m’inquiète le plus, confie Léonard. Je me connais : je ne serai pas le premier à lâcher. Pour autant, il ne faudra pas passer du côté dangereux de l’exercice. »
Deux éléments, parmi bien d’autres, sont essentiels à la performance : le travail sur les pilotes automatiques et la gestion des données. « En solitaire en Ultim, le monde de la data est entré au cœur du pilotage », confirme Thomas Coville. Très protégé, le cockpit de Sodebo Ultim 3 permet au skipper de manœuvrer au sec. En contrepartie, il le coupe davantage des éléments. « On navigue en quelque sorte à l’aveugle, c’est un peu comme rouler en voiture les yeux fermés, la nuit avec de la pluie », image-t-il. D’où l’importance de pouvoir se fier aux données. Sodebo Ultim 3 compte au total près de 500 points de mesure, tandis qu’une soixantaine d’alarmes peuvent se déclencher et maintenir le skipper en alerte permanente. Une vigilance qui devra être maintenue pendant toute la durée de la Route du Rhum 2026, estimée entre cinq jours et demi et sept jours par Thomas Coville.
Face à une telle exigence, comment dormir, comment s’alimenter ? « Ma durée de sieste idéale est très précisément de 23 minutes. Au-delà, je tombe dans un vrai sommeil profond et il devient difficile de me réveiller. Je peux parfois enchaîner plusieurs cycles, si la situation est stable. Sur une période de 24 heures, je dors généralement deux heures et demie », détaille Thomas Coville. Il reconnaît aussi avoir du mal à s’alimenter et à s’hydrater suffisamment. Pour cela, il peut compter sur des lyophilisés conçus spécialement par le labo R&D de son partenaire de toujours Sodebo avec des recettes spécifiquement adaptées à l’intensité de la course et à ses goûts.

