Armand Thiery au départ de la Route du Rhum, Louis Burton passe à l'Ultim, "C'est ma cinquième Route du Rhum ! "

 

À 41 ans, Louis Burton s’apprête à prendre le départ de sa cinquième Route du Rhum – Destination Guadeloupe. Mais cette fois, l’aventure a une tout autre dimension. Dimanche 1er novembre à 13h02, le Malouin s’élancera pour la première fois à la barre d’un ULTIM, le trimaran géant Armand Thiery, dont il a pris possession le 7 juillet dernier. Quatre mois à peine pour découvrir ce nouveau géant des mers, apprendre à le maîtriser et se préparer à traverser l’Atlantique en solitaire. Un défi immense, abordé avec enthousiasme, humilité et une confiance sans faille dans son équipe.

Crédit : E Allaire



Il connaît la musique, l'effervescence des pontons, la foule massée sur les remparts, l'émotion du départ et les premiers milles au large de Saint-Malo. La Route du Rhum, Louis Burton l'a déjà vécue quatre fois. Il avait 25 ans lors de sa première participation, il en a aujourd'hui 41. Seize années ont passé, mais l'envie est intacte. Et cette cinquième édition a une saveur bien particulière : pour la première fois, il va s'attaquer à l'Atlantique en solitaire à bord d'un ULTIM, l'un de ces trimarans géants capables de vitesses vertigineuses.

« C'est ma cinquième Route du Rhum ! Forcément, cela représente beaucoup de choses pour moi, d'autant que Saint-Malo, c'est chez moi. J'ai mes habitudes, mes repères, et c'est une vraie chance de pouvoir vivre cette période à la maison. Cette année, il y a aussi une dimension toute particulière puisque je vais prendre le départ pour la première fois en ULTIM. C'est un nouveau défi, avec un bateau et une organisation complètement différents. Toute l'équipe est extrêmement impliquée dans ce projet, et c'est très agréable de vivre cette aventure ensemble. » confie Louis.

Quatre mois pour apprivoiser un géant

Depuis le 7 juillet dernier, date de mise à l'eau de l'ULTIM ARMAND THIERY, Louis Burton et son équipe n'ont pas ménagé leurs efforts. Navigations, réglages, fiabilisation, apprentissage des systèmes : il a fallu avancer vite, très vite, pour prendre la mesure de ce nouveau support. Et les premiers résultats n'ont pas tardé. Le 8 septembre, deux mois seulement après sa mise à l'eau, le trimaran s'offrait son premier record en traversant la Manche en 4 heures, 4 minutes et 25 secondes, à la vitesse moyenne de 33,86 nœuds. Une belle démonstration du potentiel de la machine, mais aussi du chemin déjà parcouru par les hommes qui l'entourent.

Car s'il y a une force sur laquelle Louis Burton peut s'appuyer, c'est bien son équipe, fidèle, soudée et pleinement engagée dans cette nouvelle aventure. À cette expérience collective s'ajoute une formidable soif d'apprendre. Sur un ULTIM, tout ou presque est à découvrir, et le skipper ne s'en cache pas. « Nous avons énormément travaillé et beaucoup navigué. Nous sommes allés au maximum de ce que nous pouvions faire dans le temps imparti, et je suis content du chemin parcouru. C'est une véritable découverte, aussi bien sur le plan du bateau que de l'organisation, car le fonctionnement d'un ULTIM est très différent de ce que je connaissais jusqu'à présent. Tout est nouveau, mais nous n'avons pas rencontré de problème majeur et nous avons pu réaliser l'ensemble des vérifications prévues. »

Ces dernières semaines, les interventions techniques se sont multipliées : changements de pièces, travail sur les profils des dérives, optimisation des plans porteurs, mise en place de redondances sur les systèmes de pilotage automatique, contrôles hydrauliques et révisions générales. Rien n'a été laissé au hasard. Pour accélérer encore l'apprentissage, Louis Burton pourra également compter sur l'expérience de Guénolé Gahinet, Arthur Hubert et Clément Commagnac, qui composeront sa cellule de routage à terre.

« Chaque fois que nous avions un doute sur une pièce, nous avons pris le temps de vérifier et de sécuriser les choses. Nous avons aussi bénéficié du partage d'expérience de marins qui connaissent bien ces bateaux, notamment Guénolé Gahinet, qui fera partie, avec Arthur Hubert et Clément Commagnac, de ma cellule de routage à terre. C'est extrêmement précieux. Aujourd'hui, je suis satisfait du travail accompli et de la manière dont l'équipe s'est approprié ce nouveau défi. » souligne le skipper d’Armand Thiery.

À Saint-Malo, entre ferveur populaire et concentration

L'ULTIM ARMAND THIERY est amarré dans le village de la Route du Rhum. Pour Louis Burton, qui joue à domicile, les jours précédant le départ s'annoncent particulièrement intenses. Rencontres avec le public, les scolaires, les partenaires, sollicitations médiatiques : difficile d'échapper au tourbillon malouin ! Au cœur du village, une boutique éphémère Armand Thiery de 150 m² constituera également un lieu de rendez-vous privilégié avec les visiteurs.

« À Saint-Malo, les sollicitations sont toujours très nombreuses ! Il y a évidemment un fort ancrage local, avec notamment les rencontres avec les scolaires, les échanges avec nos partenaires et le public. Médiatiquement, c'est impressionnant, mais tout est très bien organisé et cadré. L'idée, avec l'équipe et Armand Thiery, c'est vraiment que la fête soit la plus belle possible, tout en me permettant de préserver des moments de calme et de concentration avant le départ. » sourit Louis Burton.

Car derrière l'enthousiasme et le plaisir des retrouvailles avec le public, l'échéance sportive se rapproche. Et avec un bateau de cette envergure, l'anticipation est plus que jamais le maître-mot. Louis Burton entend profiter de ces derniers jours pour récupérer, entretenir sa condition physique et se préserver de la pression. La proximité de son domicile est, à cet égard, un atout précieux : « Avec un bateau de cette taille, il faut encore davantage anticiper. Toute l'organisation des derniers jours a été pensée pour que je puisse aborder le départ dans les meilleures conditions, sans me laisser gagner par le stress. L'avantage, c'est que nous sommes à la maison. Je peux garder mes habitudes, me reposer, faire beaucoup de sport et conserver un rythme assez normal malgré l'effervescence qui monte autour de la course. Il y a énormément de choses à gérer, mais l'équipe est là pour prendre le relais. Mon objectif, maintenant, c'est d'arriver sur la ligne de départ reposé, concentré et disponible pour la course. »

Dimanche 1er novembre, à 13h02, Louis Burton laissera derrière lui les remparts de Saint-Malo pour une cinquième traversée de l'Atlantique en course. Avec, cette fois, un géant sous les pieds, des sensations nouvelles à apprivoiser et toujours cette même envie de se dépasser. Une nouvelle page de son histoire avec la Route du Rhum s'apprête à s'écrire.

Source : S Bakouche