À quelques jours du départ de la Route du Rhum, Sébastien Simon s'apprête à disputer sa première transatlantique en solitaire à bord de son nouvel IMOCA Groupe Dubreuil – Air Caraïbes. Mis à l'eau mi-août, ce monocoque de dernière génération se distingue par son cockpit inspiré de l'univers aéronautique et par sa carène innovante. Troisième du dernier Vendée Globe, le skipper vendéen souhaite en mesurer le potentiel, sans cacher son désir de jouer aux avant-postes.
Une course contre la montre
Dernier bateau mis à l'eau parmi les concurrents engagés sur cette édition de la Route du Rhum - Destination Guadeloupe, l'IMOCA Groupe Dubreuil – Air Caraïbes a connu une préparation particulièrement condensée. Après quinze mois de construction au chantier Carrington Boats, en Angleterre, le monocoque dessiné par Guillaume Verdier a effectué ses premières navigations à la fin de l'été. Depuis, Sébastien Simon et son équipe ont dû trouver le bon équilibre entre les sorties en mer, indispensables pour apprivoiser le bateau, et les interventions techniques destinées à le fiabiliser et optimiser ses performances.La participation au Défi Azimut, en septembre, a constitué une première étape importante. Malgré un résultat sportif frustrant, le skipper et son équipe ont pu valider de nombreux choix techniques. « C’était un premier défi que d’être au départ de cette course qui a été riche d'enseignements, explique Sébastien. Depuis, on a poursuivi notre courbe d'apprentissage et continué à améliorer le bateau pour le rendre plus performant. On n'a rencontré aucun souci majeur lié à la structure ou aux systèmes, ce qui nous a permis de continuer à avancer. C'est très positif. »
Un cockpit inspiré de l'aviation, pensé autour du skipper
Avec son cockpit entièrement fermé, ses deux sièges de veille moulés sur mesure et son système de pilotage par side-stick à retour de force, le nouvel IMOCA Groupe Dubreuil – Air Caraïbes emprunte certains codes à l'univers aéronautique. À l'image d'un cockpit d'avion, tout a été pensé autour du skipper pour conjuguer ergonomie, sécurité et performance. Une attention qui fait écho à l'accident de Sébastien Simon survenu lors d’une course qualificative pour le dernier Vendée Globe. Violemment projeté à l'intérieur de son bateau, le skipper avait subi une commotion cérébrale et des fractures cervicales. Un épisode marquant qui a nourri la réflexion autour de la conception de son nouvel IMOCA, avec une priorité : mieux protéger le marin pour lui permettre de rester performant dans la durée.Se confronter aux leaders
Pour sa première participation à la Route du Rhum, Sébastien Simon ne manque pas d'ambition. Il sait néanmoins qu'il devra composer avec un bateau encore très récent, face à des concurrents qui disposent, pour certains, de plusieurs saisons d'expérience sur leur IMOCA. Après 18 mois sans navigation, le décalage de préparation est énorme mais ne l'empêche pas d'aborder cette traversée avec l'envie de se mesurer aux meilleurs.« Mon premier objectif, c'est d'aller au bout. Je suis réaliste : certains concurrents ont un niveau de préparation et une connaissance de leur bateau bien supérieurs aux nôtres. Mais j'aimerais quand même réussir à rester dans le groupe des leaders et pouvoir me battre sportivement jusqu'à la ligne d'arrivée. Je vais essayer d'être le plus performant possible et de montrer, par moments, le potentiel du bateau. »
À l’approche de sa 19e transatlantique en course, Sébastien Simon s’apprête à découvrir l’ambiance de Saint-Malo et à présenter son IMOCA Groupe Dubreuil – Air Caraïbes au public, avant de prendre le départ de l’une des épreuves les plus emblématiques de la course au large. Un rendez-vous qu’il aborde avec détermination : « J’ai plutôt confiance dans le bateau et dans le travail qu’on a réalisé tous ensemble. Comme d’habitude, j’ai à cœur de donner le meilleur de moi-même. »
Source : C Gutierrez
