Ça galope toujours sur l’Atlantique pour l’ensemble de la flotte. Tom Laperche (SVR Lazartigue, Ultim) reste leader de la course et est attendu samedi après-midi en Guadeloupe. Corentin Horeau (MACSF) et Basile Bourgnon (Edenred) assoient leur domination respective en IMOCA et en Ocean Fifty, pendant que les Class40 s’apprêtent à traverser un front redoutable. Du côté des Vintage Mono et Multi, ce sont des duels au sommet que les skippers se livrent.
Tom Laperche (SVR-Lazartigue) conserve une large avance sur la flotte ULTIM. Demain, il lui faudra se glisser au sud du système avant de remonter au près vers la Guadeloupe, dans une mer forte et désordonnée. Une séquence où les meilleurs calculs ne suffiront pas. « Je n'ai jamais traversé ce genre de dépression. Il va falloir trouver le bon compromis entre la trajectoire théoriquement optimale et ce qui est réellement faisable sur l'eau. Le bateau a envie d'aller vite, il faut le laisser glisser, mais pas trop non plus ! » Une question de dosage, jusque dans le choix des voiles. « Il faut surtout éviter de se retrouver surtoilé. Parfois, on manque un peu de toile et c'est frustrant, mais quand on a de la marge, c'est plus facile à accepter. » Thomas Coville (Sodebo Ultim 3) et Louis Burton (Ultim Armand Thiery) se disputent la deuxième place au classement avec seulement deux milles d’écart au classement de 15h.
Benjamin Schwartz, cellule route de Sodebo Ultim 3, explique : « Il subsiste pas mal d’incertitudes sur la fin de course. Nous ne souhaitons pas nous fermer trop d’options trop tôt. Nous préférons donc conserver une route plus centrée, afin de garder davantage de possibilités de décision pour la suite de la course. Une dépression est en train de se former au nord de la mer des Caraïbes. Ce sera le gros morceau de la fin de course. Sa gestion reste encore incertaine, mais Thomas devrait descendre vers l’arc antillais au reaching, voire au près. Ce n’est pas courant ! D’après les routages, qu’il faut prendre avec prudence, il pourrait arriver aux abords de la Guadeloupe samedi soir, heure de métropole. Thomas fait un super boulot. Il s’investit pleinement dans l’effort et les réglages pour exploiter au mieux le potentiel de vitesse du bateau. Il est pénalisé par la perte de l’une de ses voiles d’avant, mais reste bien placé malgré ce handicap. Rien n’est joué. »
Indétrônable depuis son échappée fantastique, Corentin Horeau continue sa progression seul en tête de la flotte IMOCA avec près de 190 milles d’avance sur Boris Herrmann (Malizia 4) en deuxième position, suivi de Franscesa Clapcich (11th Hour Racing).
En Ocean Fifty, Basile Bourgnon à bord d'Edenred continue de distancer ses camarades. Pendant la vacation, les coups de boutoir encaissés par son trimaran s'invitaient dans la conversation. « Je ne suis pas loin d'avoir le minimum de toile possible. Ça envoie du steak ! Il y a 30 nœuds moyens derrière le front et dans ce type de conditions, en Ocean Fifty, on ne fait pas les malins. Le but n'est pas d'aller vite, mais de sortir de là sans casser le matériel. » Et le plus pénible ne venait pas forcément du ciel. « Maintenant, il faut composer avec la mer résiduelle laissée par le front. Elle arrive de travers, c'est horrible. J'ai hâte de quitter cet endroit ! » La journée de demain pourrait offrir aux premiers de ces deux flottes une accalmie entre les systèmes. Une pause dans les hostilités, pas encore un traité de paix : une nouvelle dégradation reste possible à l'approche de l'arc antillais ce week-end.
En Class40, les cartes sont complètement rebattues avec l’arrivée de ce front tant redouté. Difficile de dire si Guillaume Pirouelle (Sogestran Seafrigo) gardera la tête de la flotte, une bonne dizaine de monocoques sont en embuscade pour le détrôner et sortir premier de cette zone.
Source : Rivacom
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