jeudi 20 septembre 2018

Développement chez CDK, "il faut y aller par petites touches" explique Philippe Facque, Directeur Général

Après le maxi-trimaran Banque Populaire IX, mis à l'eau en octobre dernier, CDK Technologies a connu huit premiers mois de l'année bien chargés, avec la transformation du trimaran MACIF, dont la Version 2 munie de nouveaux appendices est sortie de chantier en juillet. Sans oublier la construction de l'Imoca Charal sur les deux sites de l’entreprise bretonne, à Port-la-Forêt et Lorient. Un site de Lorient désormais doté d’une nouvelle étuve dernier cri qui permet à CDK d’accroître ses capacités de production et de se tourner vers l’avenir.



Credit : E.Allaire



Depuis la création du chantier en 1984, CDK Technologies a inscrit son nom au palmarès des plus grandes épreuves de la course au large, du Vendée Globe (Bagages Superior d’Alain Gautier en 1992-93, Foncia de Michel Desjoyeaux en 2008-2009, Macif de François Gabart en 2012-2013, Banque Populaire VIII d’Armel Le Cléac’h en 2016-2017), à la Route du Rhum (trimarans Orma Géant de Michel Desjoyeaux en 2002 et Gitana 11 de Lionel Lemonchois en 2006, Imoca Macif en 2014…), le chantier s’est également spécialisé dans les grands trimarans océaniques, chasseurs de records ou non, avec la construction du pionnier Banque Populaire V (devenu Spindrift 2), de tous les MOD 70 et des Ultim Macif et Banque Populaire IX, qui prendront le 4 novembre de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe.


Le dernier né de chez CDK, Charal, sera également au départ de la transat en solitaire entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre avec Jérémie Beyou à sa barre, premier Imoca de nouvelle génération mis à l’eau, qui a nécessité environ 25 000 heures de travail (il en faut 80 000 pour un Ultim) et devrait faire franchir un pas supplémentaire à la classe des monocoques de 60 pieds. Deux autres suivront, simultanément construits à partir de septembre à Port-la-Forêt et Lorient (c’est une première), Arkea-Paprec (Sébastien Simon) et Apivia (Charlie Dalin). Récemment, ont également été réalisés les travaux de transformation (dont les foils) du trimaran Macif, les foils de PRB, le bras avant du futur Ultim Sodebo, ainsi que les nouvelles bômes de Banque Populaire IX et du Trimaran MACIF.


Développement par la diversification

L’entreprise continue de se développer, avec l’accent mis notamment sur la diversification. L’un des axes récents de ce développement est la construction sur mesure des pièces extrêmement pointues que sont les foils, qui a conduit la société à investir dans un nouvel outil, un logiciel de conception 3D dédié au composite baptisé CATIA. « Ces dernières années, les concepts n’ont cessé d’évoluer car les bateaux évoluent eux-mêmes et parce qu’au sein d’une même classe comme l’Imoca, il peut y avoir des philosophies très différentes selon les architectes, c’est passionnant de contribuer à cette réflexion », explique Philippe Facque, Directeur Général.


Marché des Ultims

Un autre axe de développement, qui a notamment conduit l’entreprise à se doter de la nouvelle étuve sur le site de Keroman, est de continuer à se positionner sur le marché des Ultim, mais également de répondre à des demandes particulières sur des bateaux de grandes tailles : « Nous avons été sollicités sur du yacht rapide tout en carbone de 100 pieds, l’étuve nous permet d’être en capacité de répondre à ces marchés », confirme Yann Dollo.

En ce mois de septembre, le site de Lorient, jusqu’ici dédié à l’assemblage, accueille une toute nouvelle étuve 40 mètres de long pour 10 de large et 7 de haut qui permet à Keroman Technologies de devenir à son tour un site de production à part entière. « Nous avons désormais la capacité de tout faire à Lorient de A à Z et notamment de construire des grands bateaux, ce qui va aussi nous permettre de sédentariser les gens et d’avoir deux sites équilibrés », explique Philippe Facque.


Enfin, CDK Technologies, en développant son expertise dans le domaine de la fabrication de pièces très techniques comme les foils, s’ouvre également au monde de l’industrie. L’entreprise a ainsi construit les pales de l’hydrolienne Sabella. « Nous avons structuré notre bureau d’études pour être en veille sur ce genre de sujets, l’objectif est d’être capable de valoriser la technique du carbone haute performance vers ces marchés », explique le directeur général adjoint.


Autant d’axes de développement que CDK veut cependant maîtriser, l’objectif premier étant de rester à la pointe dans la construction de bateaux de compétition. « On ne va pas changer de modèle brutalement, il faut y aller par petites touches, c’est très important pour nous de garder un très haut niveau de performance dans notre cœur de métier », conclut le Directeur Général.


Source : C Muller