Armel Le Cléac'h impatient d'arriver dans la soirée, le troisième de l'Arkéa Ultim Challenge raconte : "mentalement, c'est dur après 56 jours de course" - ITW

"Je suis un peu usé" Bientôt l'arrivée ! Bientôt la délivrance pour Armel Le Cléac'h qui s'apprête à franchir la ligne après 56 jours de course sur l'Arkea Ultim Challenge. Une fin d'épreuve compliquée pour le marin et vainqueur de la dernière Transat Jacques Vabre qui s'avoue un peu à cran et qui a hâte d'arriver. Il est attendu sur la ligne à Brest en soirée avec son Ultim Banque Populaire XI diminué. Il raconte.


Crédit : V.Curutchet


"On tire sur l'organisme et le mental"

"Ce tour du monde a été très compliqué. A partir de la première avarie importante (avec un premier pit-stop à Récife), on a enchaîné les galères, météo ou techniques. Les portes se sont refermées à chaque fois qu'on a eu un petit espoir. 

Après l'escale de Rio, on pensait finir proprement mais j'ai eu cette voie d'eau qui a rempli l'avant de la coque centrale et qui nous cause toujours des soucis. 

En fait, je suis un peu usé. Sur ces bateaux, on n'a pas de répit. On n'a jamais eu vraiment d'opportunité pour profiter de ce tour du monde. Ca finit par peser sur le mental, c'est dur après 56 jours. Moi, j'étais venu pour jouer la gagne. Mais je n'oublie pas que l'objectif n°1 était de finir ce tour du monde.

Clairement, c'est plus intense qu'un Vendée Globe (NDLR : Armel Le Cléac'h a participé à trois Vendée Globe). En Ultim, tout est multiplié, en terme de vitesse ou de manoeuvres par exemple. On n'a pas l'impression de pause, on est à fond tout le temps. Quand on est à 35 noeuds de moyenne, avec de la mer, ça use. On tire sur l'organisme et le mental. 

Là, on touche l'extrême de ce qu'on peut faire en solitaire en Ultim.

Sur ce tour du monde, on a eu des soucis techniques qu'on n'avait pas connus jusqu'à présent et qu'on n'avait pas imaginés. Mais ce sont les aléas de la course. On a eu des galères mais tous les bateaux ont souffert.

Je vais finir sur le podium et ce n'est pas rien. C'est une petite victoire après tout ce qu'on a traversé. Je suis un peu à cran avec cette dernière casse. La réparation faite ces derniers jours n'a pas tenu. Là, j'ai mis une voile pour boucher le trou. Ce n'est évidemment pas optimal. 

Je suis allé au bout, je suis allé chercher loin en énergie. Je vais être content d'arriver !"


MAJ 20H : ETA 21h45 pour le maxi Banque Populaire XI sur la ligne d'arrivée. Arrivée au ponton, 1 heure plus tard. 



Propos recueillis par ScanVoile