Alan Roura remet à l'eau son IMOCA, la nouvelle étrave pointe son nez, "le bateau reflète désormais bien plus MA vision"

 

L'IMOCA Hublot a retrouvé son élément ce jeudi 11 avril après près de 4 mois de chantier et une étrave modifiée. Un chantier titanesque sur lequel le skipper suisse revient avant de se projeter sur un championnat 2024 qui, avec deux courses transatlantiques, dont une dans moins de 3 semaines, et un tour du monde, s’annonce d’exception !

Crédit : V Curutchet


Des portes de hangar qui s’ouvrent, un nez qui s’aventure au-dehors, des hommes et des femmes qui poussent une coque, et un bateau qui se dévoile au grand jour avant de s’envoler et d’amerrir, la quille solidement ancrée. Une sortie de chantier n’est jamais quelque chose d’anodin pour une équipe de course au large et cette remise à l’eau de l’IMOCA Hublot, dans sa configuration pour le Vendée Globe 2024, en est une encore plus particulière. Deux ans, presque tout pile, après avoir révélé sa nouvelle monture aux couleurs de la manufacture horlogère, Alan Roura était donc heureux, ce jeudi 11 avril, de présenter « sa » version du « bateau d’Alex Thomson », avec lequel il prendra le départ de son troisième tour du monde.

Rupture et appropriation

« Aujourd’hui marque une grande étape dans notre processus de modification du bateau, a-t-il confié. Cette remise à l’eau, c’est l’aboutissement de deux saisons d’observation et de tests afin de décider des modifications à apporter à notre bateau et ainsi, tout mettre en œuvre pour rester compétitifs face à une concurrence qui ne cesse de croître. » Acheté fin 2021 dans sa forme initiale, le plan VPLP de 2019 a ainsi subi cet hiver un véritable coup de jeune, avec rhinoplastie et lifting intégral ! « Il ne reste plus grand chose de sa version d’origine, hormis les foils, concède Alan. Le bateau a été adapté et personnalisé pour répondre à mes préférences et besoins, il reflète désormais bien plus MA vision. ».

En plus du contrôle général annuel et de la nouvelle étrave, effectuée par le chantier Magma, l’équipe du Hublot Sailing Team s’est en effet employée à de multiples modifications et optimisations. Et la liste est longue : meilleure ergonomie de la cellule de vie et changement du siège de veille, déplacement des ballasts avec réutilisation des capots des réservoirs existants, changement de la tuyauterie associée, optimisation de la surface mouillée, nouveau jeu de voiles (reçu en partie pour les courses du printemps), gréement courant entièrement refait à neuf, ajout de supports d’hydro-générateurs en vue du Vendée Globe, amélioration des pilotes et des compas, ajout d’un système de vidéos embarquées, pour la communication mais également les réglages… Au passage, un certain travail esthétique a également été mené avec plusieurs reprises de peinture au niveau de la carène, tandis que deux parcelles d’un mètre carré ont été remplacées suite à de sévères délaminations. « Quand je dis que je tire dedans ! » a plaisanté Alan, rappelant que cette fragilisation de la coque demeurait un problème récurrent chez les monocoques à foils, « nouvelle maladie de nos bateaux, victimes de slamming de plus en plus important ». Un travail colossal donc, de la part de l’équipe technique, composée de 5 personnes, renforcée de deux extra, principalement en composite, sur l’ensemble du chantier. « Ils auront bien mérité leur première nav’ ! » s’est réjoui Alan !

The Transat CIC : J-17 !

Et les sorties en mer devraient rapidement s’enchaîner, le Genevois comptant bien se présenter aussi prêt que possible sur la ligne de départ de The Transat CIC. « Le timing est court, c’est vrai, a-t-il admis. Nous avons préféré rester travailler plus longtemps au chaud et au sec, dans de bonnes conditions, que de finir les derniers bricolages au ponton. » Le chrono est désormais lancé avant le 23 avril prochain, jour d’ouverture du village de départ à Lorient et d’un tour de l’île de Groix en équipage en guise de prologue. « De premières navigations de remise en route du bateau sont prévues dès le début de semaine prochaine, annonce Allyson Mousselon, Team Manager du projet. Ensuite, Alan souhaiterait rapidement partir pour un entraînement offshore de 24 heures en faux solo, afin de lui aussi retrouver ses marques. Chaque opportunité de naviguer sera prise pour tester les nouveaux équipements, engranger de nouvelles données et réaliser quelques images du bateau avec son nouveau look, puis The Transat CIC sera vite là ! » Départ le 28 avril, direction New York, pour une double traversée de l’Atlantique !


Source : A Mouraud