Au départ de The Transat, Louis Burton : "Le chantier d’hiver fut un gros enjeu. Nous avons désormais une « Version 3 » de notre beau Bureau Vallée"

 

Elle s’appelle The Transat CIC, mais elle suit le sillage de la mythique transatlantique nord qu’avait remportée Eric Tabarly en 1964 sur son Pen Duick II. Une victoire qui résonne encore dans la tête du skipper de Bureau Vallée parce qu’elle est l’étincelle de son rêve de gosse : devenir coureur au large. Louis Burton s’alignera donc dimanche 28 avril sur la ligne de départ devant Lorient, à 13h30 très exactement aux côtés de 32 autres IMOCA, cap sur New-York, à bord d’un Bureau Vallée encore plus performant .

Crédit : Wind4Production

Du rêve à la réalité

Louis Burton : « Cette course me fait penser à une partie de mon histoire, à la chance que j’ai eue qui me permet de vivre mon rêve aujourd’hui. Je me souviens d’un moment fort quand j’avais 14 ans dans le golfe du Morbihan du côté de l’île aux Moines sur mon vieux cata de sport F15, en solitaire. Je vois arriver dans le chenal du Bois d’Amour, Pen Duick II, tout juste sorti de restauration, avec ses voiles blanches, magnifique… Je tire un bord pour me diriger à fond vers eux et je leur crie : « Vous faites partie de mon rêve ! ». Je vois Pen Duick II virer de bord, me rattraper, et j’entends le skipper me répondre : « Va mettre ton cata au mouillage, on arrive ! ». Je me souviens d’avoir mis mon catamaran sur une bouée d’attente devant le port de l’île aux Moines et d’avoir observé Pen Duick II slalomer entre les bateaux au mouillage pour me rejoindre. Un des équipiers me tend le bras, je comprends qu’il veut m’embarquer. Je me positionne sur le côté et un grand gaillard fort m’attrape par le torse et me fait monter à bord. C’était fou de me retrouver là avec ce super équipage si bienveillant. Le skipper m’avait même proposé de prendre la barre, moi le petit Parisien en vacances ! J’étais à la barre et je m’imaginais traverser l’Atlantique et gagner la transat anglaise comme Eric Tabarly. J’ai toujours une photo papier de cet instant que l’équipage m’avait envoyée, il y a 25 ans maintenant. C’est notamment grâce à eux, à Eric et Jacqueline Tabarly que je me suis mis à croire à mes rêves. L’association continue de faire naviguer des jeunes pour qu’ils vivent leur rêve. Je me dis qu’il faut profiter de la chance qui s’offre à nous et je remercie encore l’équipe de Pen Duick II. C’est aussi grâce à eux que j’en suis là maintenant ! »

Bureau Vallée, Version 3 : un bateau fiabilisé et plus performant !

Les deux transatlantiques (Transat Jacques Vabre-Normandie Le Havre et Retour à la Base) effectuées cette fin d’année 2023, n’ont eu que du bon. En dehors de la satisfaction d’avoir largement goûté au sel de la bagarre et terminé avec un IMOCA en bon état, Louis Burton et son monocoque jaune et noir ont pu tirer un maximum d’enseignements après 9 300 milles parcourus en un peu plus d’un mois. « Le chantier d’hiver fut un gros enjeu car il fallait préparer l’IMOCA Bureau Vallée pour deux transats au printemps incluant un stand-by aux États-Unis où nous n’avons pas forcément nos habitudes. Ce fut une grosse logistique à mettre en place ! Suite à la Transat Jacques Vabre et au Retour à la Base, nous avons retenu beaucoup d’enseignements. Nous avons travaillé à rendre le bateau encore plus performant. Nous avons modifié de manière intrasèque le bateau pour gagner jusqu'à 10% de vitesse en plus et diminuer les efforts. Nous avons changé beaucoup de choses en termes d’ergonomie et de pilotage automatique. Nous sommes montés en gamme en termes de sécurité. Nous avons désormais une « Version 3 » de notre beau Bureau Vallée, nous avons atteint un niveau de performance proche des nouveaux bateaux. » explique Louis.

Une grande première sur l’Atlantique Nord

« Je prends le départ de The Transat CIC avec beaucoup de curiosité. C’est une première pour moi et cette course résonne comme quelque chose de mythique avec la victoire d’Eric Tabarly en 1964, je suis tellement fier d’y participer ! Il y a aussi une certaine excitation à découvrir ce parcours en Atlantique Nord et l’arrivée aux Etats-Unis où ma famille et mes partenaires m’attendront. Je suis heureux mais avec une certaine retenue car le programme s’annonce dense avec deux transats et un tour de la planète. » confie le skipper de Bureau Vallée. Sur ce parcours de 3 500 milles de la Bretagne vers les Etats-Unis, les conditions météo sont généralement dures face aux dépressions qui circulent d’ouest en est. Mer cabossée, vent parfois violent, brouillard aux abords de Terre-Neuve, trafic maritime, cétacés, les pièges sont nombreux et demanderont une vigilance de tous les instants. Louis Burton se montre enthousiaste quant à la qualité du plateau de coureurs et sait qu’il devra, comme tous les skippers, mettre le curseur au bon endroit, entre régate endiablée et prudence pour arriver jusqu’au bout : « Le plateau au départ de The Transat CIC est absolument incroyable. Ce sera la première épreuve de la saison 2024 et je pense que ce sera intéressant sportivement, même si la prudence sera certainement dans toutes les têtes. Le plateau est relevé, avec d’immenses champions mais on sera tous logés à la même enseigne avec les mêmes contraintes de calendrier, le même parcours difficile. Je pense que tout le monde a l’objectif de terminer pour pouvoir prendre le départ du Vendée Globe. J’ai hâte de voir l’intensité de la course… ».

Source : Rivacom