Yoann Richomme est arrivé à New York, Paprec Arkéa s'impose, The Transat est "une transatlantique de dingue"

 

Déjà vainqueur de Retour à la Base en décembre, le skipper de Paprec Arkéa remporte The Transat, la plus ancienne des courses au large. Parti de Lorient dimanche 28 avril dernier, Yoann Richomme a franchi la ligne ce lundi à 20 h 23 après 8 jours, 6 heures, 53 min en mer. Leader de la course depuis jeudi dernier, auteur d’une performance incroyable par son sang-froid et sa ténacité, Yoann s’affirme plus que jamais comme un acteur incontournable en IMOCA, un peu plus d’un an après la mise à l’eau de son bateau. De quoi faire le plein de confiance avant la course retour (New York-Vendée) et surtout son grand objectif, le Vendée Globe le 10 novembre prochain.


Crédit : A Courcoux

Une incroyable réussite collective 

Depuis le début de cette aventure avec Paprec et Arkéa, Yoann Richomme a donc conservé son titre à la Route du Rhum en Class40 (2022), remporté Retour à la Base entre Fort-de-France et Lorient (2023) et signé un nouveau succès lundi dernier. Il s’agit de sa troisième transatlantique remportée en l’espace de 19 mois ! Plus que tout, cette aventure est collective. Elle est le fruit d’une confiance exacerbée de la part de Paprec et Arkéa, acteurs incontournables de la course au large, qui ont cru en ce projet et se sont employés afin de contribuer à sa réussite.

Cette victoire est aussi l’illustration de la cohésion, du savoir-faire et de l’engagement de toute l’équipe. C’est elle qui s’affaire à n’en plus compter dès que le bateau est à quai ou au chantier. La dernière phase de chantier, cet hiver, a été une nouvelle preuve de professionnalisme et de sérieux. Malgré un délai très court de préparation - le bateau a été remis à l’eau mi-mars – le marin a pu refaire ses gammes, retrouver ses automatismes et aborder sereinement ce premier rendez-vous de la saison.

Une démonstration de résistance

Pourtant en course, rien n’a été facile et Yoann y était préparé. Il savait qu’il fallait progresser au près, dans des conditions « casse bateau » et désagréables, une mer chaotique avec l’obligation de ne jamais vraiment compter ses heures de sommeil. En début de course d’ailleurs, Yoann doit faire face à « quelques petits problèmes techniques peu significatifs » et reconnaît que la météo est harassante. « Ça tape, c’est violent, instable, inconfortable » assure-t-il.

Alors, le marin s’accroche, patiemment, restant en embuscade du leader d’alors, Charlie Dalin. Il profite d’un léger faux pas de son rival, en passant légèrement au Nord, pour prendre les commandes jeudi dernier. Le skipper de Paprec Arkéa allonge ensuite la foulée et compte jusqu’à 70 milles d’avance. La suite, c’est un sacré casse-tête. Il a dû résister aux aléas – comme ce départ à l’abattée dimanche matin – et puis se faufiler entre la zone de protection des cétacés au Nord et une dépression plus au Sud, dans un couloir qui manquait cruellement de vent. 

Franchir la ligne d’arrivée, après ce final complètement fou et particulièrement éprouvant pour les nerfs, a eu valeur de délivrance. L’exploit est retentissant par son scénario mais aussi parce qu’il s’inscrit dans l’histoire : même si le parcours a été différent, il signe un nouveau temps de référence sur cette course, soulignant l’incroyable intensité qu’il a mis depuis le départ. Yoann va donc pouvoir savourer.


"Une course très intense"

« Cette course, c’est une transatlantique de dingue, historique qui a façonné l’histoire de la course au large avec Éric Tabarly et tant de marins. J’avais à cœur d’y participer mais je ne m'autorisais même pas à rêver de la gagner ! Ça a été une course très intense avec l’une des flottes les plus compétitives que la Transat ait connu. Je ressens beaucoup de fierté à l’idée d’avoir passé la ligne en tête et d’être arrivé dans la baie de New York. C’est riche en symboles, d’autant que j’ai vécu ici pendant quelques années depuis mon adolescence. 

Je suis très fier de ce résultat pour mon équipe et ceux qui m’entourent. Remporter deux transatlantiques consécutivement en IMOCA, c’est génial et ça démontre tout leur travail. Dans cette course, il y a eu des choses plus ou moins compliquées, des questionnements sur les choix de voile. C’est très énergivore de naviguer dans ces contrées assez extrêmes d’autant qu’il faisait froid. On devait réfléchir à deux fois avant d’effectuer un changement de voile ! Je suis fier de ce que je viens d’accomplir ! »

Source : I Delaune