Paul Morvan s’impose au Havre au terme d’une dernière étape épique, marquée par 7 abandons, dont l’échouage du leader au classement général provisoire, Tom Dolan. Parti dimanche 31 mai à 19h de Pornichet, le skipper de Foricher-French Touch a franchi la ligne d’arrivée à 01h 17 minutes et 57 secondes, après 3 jours 6 heures 17 minutes et 57 secondes de course. Cette victoire lui permet de s’emparer de la troisième place au classement général (avant jury), pour sa troisième participation à La Solitaire du Figaro Paprec, après sa troisième place à Vigo à l’arrivée de la première étape.
La manche de 630 milles n’aura laissé que peu de répit aux navigateurs, entre petit temps en début de parcours pendant la descente vers BXA à l’entrée de la Gironde, puis conditions musclées, techniques et physiques sur le reste de l’étape. La dernière journée de navigation le long de l’Angleterre et dans la traversée de Manche pour rejoindre Le Havre aura été particulièrement tonique : vent fort, mer formée, les Figaro Beneteau 3 ont affolé les compteurs ! Une fin d’étape particulièrement exigeante, dans des conditions éprouvantes, durant laquelle le marin des Abers a démontré tout son talent.
Déjà auteur d’un superbe départ en baie du Pouliguen, Paul Morvan a sans cesse navigué aux avant-postes, au contact de la tête de flotte. Cette dernière journée aura été décisive : à la faveur d’un placement fin, à l’approche de Cherbourg, il a su profiter du courant pour imposer son rythme et, comme depuis le début cette Solitaire 2026, terminer l’étape de très belle manière. Rapide, à l’aise dans la conduite de son bateau, maître de sa stratégie, il a parfaitement géré cette dernière phase de l’étape et est resté lucide jusqu’au bout, contenant les assauts de ses poursuivants. Cette première place vient couronner un marin solide qu’il faudra surveiller.
Les mots de Paul Morvan à l’arrivée : « Les deux dernières heures étaient très longues ! »
« J’avais rarement fait une étape comme celle-là en solitaire ! En même temps, le vent fort, ce sont des conditions que j’aime bien. Sur la Solo Guy Cotten, c’est ce qui m’avait permis de me détacher. C’est assez stimulant ! Et je me dis que si c’est dur, ça l’est pour tout le monde.
J’ai pris un bon départ, j’étais content. J’aime bien les petits parcours bananes, ça me rappelle mes années laser, à devoir se faufiler entre tout le monde. Et c’était sympa d’être tout de suite dans le bon paquet. On a bien bataillé avec Nicolas Lunven, Tom Goron et Alexis Thomas pendant les 20 premières heures. C’était vraiment bien, ça met toujours dans un bon état d’esprit.
Je n’ai jamais lâché la tête de course sur cette étape, c’est une vraie satisfaction. Sur les autres manches, j’avais toujours une période un peu moins bien, là j’ai toujours été dans le bon groupe. J’ai encore une marge de progression pour arriver au niveau de Nicolas Lunven et Tom Dolan et gagner une Solitaire. C’est bien, ça va me motiver à vite retourner à l’entraînement l’hiver prochain avec de bonnes pistes de travail !
Je suis content aussi niveau tactique. Mon schéma était clair, dès le début, j’étais dans le bon phénomène. Je n’ai pas assez poussé le curseur pour partir avec Loïs et Tom, la zone de transition était hyper dure à gérer mais, derrière, je réussis à me remettre dans le bon groupe.
Pour la fin d’étape, j’avais dans l’objectif d’aller chercher la bascule de courant à Cherbourg. J’avais la bonne vitesse sous gennaker et ce petit décalage me permet de faire la différence en accrochant cette veine de courant. Ça m’a mené jusqu’à l’arrivée. J’ai réussi à bien switcher du mode ‘bourrin’ sous 35 nœuds dans une mer hyper formée, au mode tactique en fin d’étape. Ça ne m’arrive pas souvent d’aller plus vite que des Loïs Berrehar ou des Hugo Dhallenne sur des bords un peu débridés, donc je suis bien content !
Pour l’instant, je ne réalise pas encore que j’ai gagné une étape de La Solitaire du Figaro Paprec. Ça ne m’était jamais arrivé d’être en tête à une arrivée de La Solitaire, qu’est-ce qu’elles sont longues les deux dernières heures ! Il faut que je me pose pour comprendre ce qu’il vient de se passer. Quoi qu’il en soit, troisième à Vigo, vainqueur au Havre, troisième au général… Je pense que j’ai réussi ma Solitaire ! »
Je suis content aussi niveau tactique. Mon schéma était clair, dès le début, j’étais dans le bon phénomène. Je n’ai pas assez poussé le curseur pour partir avec Loïs et Tom, la zone de transition était hyper dure à gérer mais, derrière, je réussis à me remettre dans le bon groupe.
Pour la fin d’étape, j’avais dans l’objectif d’aller chercher la bascule de courant à Cherbourg. J’avais la bonne vitesse sous gennaker et ce petit décalage me permet de faire la différence en accrochant cette veine de courant. Ça m’a mené jusqu’à l’arrivée. J’ai réussi à bien switcher du mode ‘bourrin’ sous 35 nœuds dans une mer hyper formée, au mode tactique en fin d’étape. Ça ne m’arrive pas souvent d’aller plus vite que des Loïs Berrehar ou des Hugo Dhallenne sur des bords un peu débridés, donc je suis bien content !
Pour l’instant, je ne réalise pas encore que j’ai gagné une étape de La Solitaire du Figaro Paprec. Ça ne m’était jamais arrivé d’être en tête à une arrivée de La Solitaire, qu’est-ce qu’elles sont longues les deux dernières heures ! Il faut que je me pose pour comprendre ce qu’il vient de se passer. Quoi qu’il en soit, troisième à Vigo, vainqueur au Havre, troisième au général… Je pense que j’ai réussi ma Solitaire ! »
Source : J Cornille
