Un magistral troisième sacre pour Nicolas Lunven (PRB) sur la Solitaire du Figaro Paprec, "le plaisir de naviguer en Figaro"

 

Dans l’histoire de la Solitaire du Figaro Paprec, ils n’étaient que six marins à avoir remporté trois fois l’épreuve (Philippe Poupon, Jean Le Cam, Michel Desjoyeaux, Yann Eliès, Jérémie Beyou, Armel Le Cleac’h). Ils sont désormais sept ! Devant Le Havre, Nicolas Lunven a coupé la ligne d‘arrivée cette nuit de la troisième étape de cette édition 2026 à 1h 33min 55sec. En terminant 4è en Normandie, il s’adjuge une époustouflante victoire, de celle qui marque les esprits pour des décennies. Neuf ans après sa dernière et deuxième réussite sur l’épreuve, le skipper de PRB a assuré un retour canon sur cette Solitaire du Figaro Paprec confirmant qu’il est définitivement l’un des plus grands maîtres en matière de navigation au large en solitaire.

Crédit : A Nivet



5e de la première étape, 2e de la deuxième et donc 4e cette nuit, il n’a jamais relâché avançant pas à pas vers ce nouveau sacre face à des adversaires incroyablement doués et tout aussi déterminés que lui.

C’est l’été dernier, alors qu’il disputait The Ocean Race Europe à bord de l’IMOCA Holcim-PRB que l’idée de revenir sur la Solitaire a germé ; son ami et concurrent sur l’eau, Yoann Richomme, trouvant tout un tas d’arguments pour inciter Nicolas à faire partie du jeu sur cette édition. Sans aucune connaissance du Figaro Bénéteau 3, le Breton s’est mis au défi … et au travail.

Avec méthode et beaucoup d’engagement, il a commencé les entrainements en début d’année puis s’est aligné sur les courses d’avant-saison avec des résultats immédiats : 11e de la Solo Guy Cotten, 2e du Trophée Laura Vergne en double avec Tom Goron, vainqueur du Spi Ouest France et du Trophée BPGO en double, toujours avec Tom Goron.

Sur la Solitaire, Nicolas a tout de suite pris énormément de plaisir et retrouvé ses marques. Gestion du sommeil, choix tactiques, stratégie, … Il a exploité parfaitement chaque ingrédient qui fait une course réussie. À cela s’est ajouté le plaisir de la navigation au contact dans des conditions extrêmement variées. Il fallait être un marin complet pour remporter cette Solitaire disputée ici dans de tous petits airs et là, dans du vent fort et une mer démontée. Nicolas l’est sans aucun doute. Parti de Perros-Guirec avec beaucoup d’humilité et la simple intention de naviguer proprement, il livre au final une copie impeccable et la facette d’un (grand) athlète inspirant.

Sous les couleurs de PRB, avec lequel il avait déjà disputé le Vendée Globe (6e), Nicolas entre dans la cour des très grands, les marins XXL qui savent mesurer leur victoire à l’aune du plaisir qu’ils ont pris à régater et du talent de ceux qu’ils ont combattu. Durant ces trois semaines, il a livré une bataille de chef sur l'eau et à terre, des tranches de vie d’un homme simple, passionné et animé par l’envie de bien faire. Cette troisième victoire, après celles de 2009 et 2017, est gravée pour toujours dans l’histoire de la course au large.

Nicolas Lunven (PRB), vainqueur de La Solitaire du Figaro Paprec 2026

" Je m'étais mis dans la tête que cette étape était en deux parties. Il y avait la première, du départ jusqu'à l'occidentale de Sein, et puis après ça allait être une partie vraiment plus compliquée où il ne fallait pas dormir et vraiment se battre dans des conditions qui allaient être un peu difficiles, avec du vent, de la mer formée au portant. Des conditions que je n’avais jamais expérimentées sur ce bateau. Je me suis dit que je n’allais pas baisser les bras et que je n’allais pas regarder les autres faire, donc je me suis battu un peu comme un lion. Peut-être un peu trop d'ailleurs, parce que j'y ai laissé un spi !

Le retour sur La Solitaire, c'est un truc qui me trottait déjà un peu dans la tête. Et puis quand Yoann (Richomme) en a parlé sérieusement l'été dernier, je me souviens, je me suis dit : on ne peut pas le laisser faire ça tout seul, je vais aller l'embêter un peu. Bon, finalement, il m'a laissé tranquille, et c'était plutôt une bonne idée !

J'ai pris énormément de plaisir. Sur la première et la deuxième étape, je me suis vraiment régalé. Et puis même là, sur la troisième... même si le portant dans la brise, dans ces conditions-là, ce ne sont pas forcément mes conditions favorites. On a quand même un peu “bourriné” ! Il y a eu quelques tonnes de litres d'eau de mer à passer sur le pont. C'est peut-être pour ça d'ailleurs que je suis trempé. Je redécouvre en fait ce que j'étais venu chercher, le plaisir de naviguer en Figaro, une manière de naviguer où moi je me sens à l'aise. Je me sens bien dans ce jeu-là. C'est un peu le résumé de toute cette Solitaire ”.

Classement général


Source : Effets Mer