Premier podium pour l'IMOCA DMG MORI GLOBAL ONE sur The Ocean Race Atlantic, "nous allons tous pouvoir progresser"

 

Un océan à traverser, et à la fin, une poignée de minutes seulement pour les départager. Après huit jours de mer, les IMOCAS engagés sur The Ocean Race Atlantic ont fait leur entrée à Lorient dans un finish haletant, avec quatre bateaux arrivés en moins de 27 minutes. Leader au classement sur les quatre derniers jours de course, DMG MORI Global One finit 3e, pour sa toute première course en équipage sur son nouveau bateau. A bord, éreintés mais soudés et heureux d’avoir pu jouer aux avant-postes, les quatre marins se sont réjouis d’une « course intense, passionnante et performante ».

Crédit : M Falcone



Voilà des débuts qui ne peuvent qu’impressionner ! A peine deux mois après la mise à l’eau de son nouvel IMOCA, et pour la toute première course en équipage de son histoire, la DMG MORI Sailing Team vient de montrer, jeudi 10 septembre, un bel aperçu de l’étendue de son talent, du potentiel de son nouveau bateau, et surtout de son immense soif de performance.

Après une traversée de l’Atlantique Nord bouclée en seulement 8 jours et une minute, le skipper japonais Kojiro Shiraishi et ses accolytes Nicolas Lunven, Samantha Davies et Arisa Moriya, toute première navigatrice asiatique à boucler une transatlantique en course, se sont mis au diapason pour faire résonner leur harmonie d’équipe, après une montée en puissance tout au long de ces 3250 milles de course.

« Cette troisième place est un très bon résultat pour une première course. Nous avons appris énormément en chemin, j’ai appris aussi beaucoup personnellement aux côtés de ces marins de talent. Ce podium, c’est le fruit de tout le travail mené par une belle équipe, sur un beau bateau solide, fiable et confortable, avec beaucoup de plaisir en chemin. Je n’aurais pas pu rêver d’un meilleur équipage, de meilleurs humains et marins à mes côtés », a résumé Kojiro Shiraishi à peine arrivé au ponton, visiblement très ému de cette troisième place arrachée dans la plus grande intensité.

« Nous allons tout donner »

De l’émotion, il y en avait eu bien sûr dès le départ de New York, le 1er septembre. Après deux mois intenses de préparation et de mise au point, l’équipage de DMG MORI GLOBAL ONE disait au revoir au public et à son équipe technique, pour pénétrer enfin dans l’arène de la compétition. « Depuis le lancement de ce projet, il y a deux ans, nous avons consacré énormément d’énergie à sa préparation, résumait Kojiro Shiraishi. Il est maintenant temps de voir comment le bateau se comporte et ce que nous sommes capables d’accomplir. Nous allons tout donner pour bien naviguer, apprendre le maximum et grandir ensemble. » Et c’est peu dire que l’équipage, composé de quatre personnalités aussi différentes que complémentaires, unis par la même passion du dépassement de soi, s’est immédiatement plongé dans le vif du sujet. Pour cette première édition de The Ocean Race Atlantic, les six IMOCA engagés se sont en effet élancés depuis une ligne de départ virtuelle située à environ 150 milles nautiques de la côte Est américaine. Premier signe de l’intensité de la bataille à venir, seulement 30 secondes séparaient le premier à franchir la ligne, le tout nouveau Malizia 4 de Boris Hermann, du dernier, MSIG Europe, seul IMOCA à dérives droites engagé sur la course.

Début de course « très intense »

Ce début de course va s’avérer à la mesure du défi à venir : musclé, et violent pour les organismes et le matériel ! Dans une chaleur suffocante, la flotte doit remonter face au vent, composant avec des conditions puissantes, particulièrement instables et orageuses. A bord de DMG MORI GLOBAL ONE, c’est avec prudence que l’équipage mène ces premiers pas au près, une allure moins favorable à sa carène si innovante, intégrant pour la première fois en IMOCA un bustle comme sur les bateaux de la Coupe de l’America. Conscient de la longue route qui l’attend et fort de la grande expérience de ses skippers - qui cumulent ensemble cinq Vendée Globe bouclés, un record dans la flotte - l’équipage cherche à placer intelligemment son curseur de performance. Objectif : rester au contact de la tête de flotte, mais ne pas prendre de risques inconsidérés. Un début de course « très intense », témoigne le récent triple vainqueur de la Solitaire du Figaro, Nicolas Lunven, avec notamment un black-out électronique venu tester le sang-froid du nouvel équipage - qui n’en manque heureusement pas !

Dans la tempête

Au troisième jour de course, l’Atlantique Nord décide enfin de montrer l’étendue de sa puissance. La flotte accroche son premier front, et se propulse dans une mer très formée, avec du vent puissant au travers, de 30 à 35 nœuds. Sur DMG MORI GLOBAL ONE, c’est l’heure de lâcher les chevaux. Enfin, on peut faire parler toute la puissance de ce nouveau plan Verdier au design révolutionnaire. Concentrée mais enthousiaste, la Britannique Samantha Davies témoigne de l’intensité du moment : « Personne ne dort beaucoup. Ça tape et ça fait du bruit, mais on envoie vraiment fort, avec une vitesse moyenne autour de 27 nœuds. Il faut trouver le bon équilibre entre la performance, le confort à bord, et ne rien casser. Parfois, on choque les écoutes pour être sûrs que le bateau ne dépasse pas les 35 nœuds et ne pique pas du nez violemment. »

Heure après heure, dans ces conditions où la moindre erreur peut coûter très cher, DMG MORI Global One renforce la pression sur ses concurrents, et remonte au classement. Devant la caméra de l’on board reporter Anne Beaugé, les coéquipiers se montrent plus que jamais soudés, animés par l’envie de tirer le meilleur de leur monture, dans le respect les uns des autres, et du bateau. Les enseignements accumulés depuis la mise à l’eau commencent à payer, et DMG MORI GLOBAL ONE entend bien montrer qu’il a toute sa place dans la bataille finale vers Lorient.

L’heure du choix

S’enclenche alors une véritable partie d’échecs météorologique, face au vaste anticyclone qui se forme à la hauteur des Açores. Pour DMG MORI GLOBAL ONE, c’est l’heure du choix : rallonger la route par le nord pour s’éloigner du centre des hautes pressions ou couper au plus court afin de réduire la distance à parcourir. L’équipage japonais tend la trajectoire, et s’empare alors de la tête du classement. Emu et reconnaissant, le skipper Kojiro Shiraishi prend le temps d’écrire un mot adressé à toute l’équipe : « C’est la première fois dans toute mon histoire en IMOCA que je me retrouve en première position, et je suis sincèrement très heureux. C’est vraiment le résultat de la force collective de toute l’équipe : les constructeurs du bateau, l’équipe administrative, les techniciens, et bien sûr les marins. Chacun a contribué à ce succès. » Mais tous à bord ont conscience que la bataille est loin d’être terminée, alors que les côtes bretonnes se rapprochent ! "On va avoir toutes les conditions possibles sur les prochains jours" résumait Arisa Moriya, qui, à tout juste 30 ans, signait sa première course majeure sur le circuit IMOCA. "Il faut naviguer vite, faire les bons choix de voilure et continuer à pousser. »

Un finish dans un mouchoir de poche

Au petit matin du dernier jour de course, DMG MORI GLOBAL ONE occupait toujours la tête du classement, avec cette féroce envie d’aller signer une belle performance à Lorient. Mais derrière, la pression des concurrents s’intensifiait, d’autant que le vent mollissant à l’approche du littoral leur permettait de revenir fort sur l’équipe de DMG MORI GLOBAL ONE. A moins de 50 milles de l’arrivée, DMG MORI GLOBAL ONE devait laisser la tête du classement à United by the Ocean, qui s’offre le doublé après sa victoire l’été dernier sur The Ocean Race Europe, et 11th Hour Racing, mené par l’Italo-américaine Fransesca Clapcich. Dans un finish haletant, bord à bord avec Malizia 4, l’autre IMOCA nouvelle génération mis à l’eau avant l’été, DMG MORI GLOBAL ONE a franchi la ligne d’arrivée lorientaise en 3e position, 22 minutes seulement derrière le vainqueur, et 5 minutes devant l’équipage de l’Allemand Boris Herrmann.

Pour le nouveau DMG MORI GLOBAL ONE, malgré la frustration légitime d’une première place concédée dans les toutes dernières heures de course, cette première confrontation transatlantique est un véritable succès, riche d’enseignements. « Nous avons pu observer tellement de choses sur notre bateau, mais aussi sur celui des autres concurrents, c’était une expérience très riche, et grâce à laquelle nous allons tous pouvoir progresser », résumait Kojiro Shiraishi. Au cœur de l’Atlantique Nord, le bateau et son équipage ont confirmé leurs forces, élevant leur niveau de jeu au plus fort de la tempête, et incarnant, plus que jamais, que l’adversité est l'épreuve du courage.

« Ce qui me frappe particulièrement, c’est la manière dont l’équipe a réagi en cas de problème. Personne n’a besoin de donner des ordres : chacun sait exactement quoi faire et agit naturellement selon son rôle" se réjouissait Kojiro Shiraishi encore en mer. On ressent vraiment la puissance de cette équipe. Ce sont des personnes autonomes, capables de tout faire seules, et pourtant elles avancent ensemble, dans le respect mutuel, sans conflit, sans discussion inutile. C’est une équipe vraiment exceptionnelle. » Et les prochaines courses devraient, sans nul doute, l’être tout autant.

Source : Kaori