Belle flotte IMOCA à Saint-Malo, la montée en puissance de la classe à l’international se confirme, "Nous en sommes très heureux"

 

Quatre bateaux non-français seront au départ de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, le 1er novembre à Saint-Malo. Parmi eux, trois peuvent légitimement viser le podium de cette traversée de l’Atlantique de 3 540 milles nautiques, témoignant de la montée en puissance des équipes internationales en IMOCA.

Crédit : A Beaugé



La Route du Rhum s’inscrit dans la continuité de The Ocean Race Atlantic, la course la plus internationale de l’histoire de la Classe IMOCA, qui est arrivée à Lorient début septembre. Six équipes étaient au départ, dont cinq sous pavillon étranger. Sur les 24 marins engagés, 19 n’étaient pas français.

En janvier, The Ocean Race, tour du monde en équipage, prendra le relais. À ce jour, quatre équipes sont inscrites, dont trois sous pavillon international, avec des équipages majoritairement non français.

Le classement actuel du championnat IMOCA Globe Series 2026 confirme cette tendance. Le podium est occupé par Francesca Clapcich, navigatrice italo-américaine, Sam Goodchild, de nationalités britannique et française, et l’Italien Ambrogio Beccaria. Au total, la moitié des douze premiers du classement provisoire ne sont pas français.

Une internationalisation engagée, mais encore perfectible

Pour Antoine Mermod, président de la Classe IMOCA, cette ouverture au-delà des racines françaises de la discipline est bien en marche, même si elle doit encore s’accélérer.

« Nous en sommes très heureux », explique-t-il. « C’est un objectif sur lequel nous travaillons depuis de nombreuses années, en cherchant à rendre l’IMOCA plus accessible aux équipes et aux sponsors internationaux. »

Les progrès sont réels, mais restent lents à ses yeux. « Nous avançons, mais pas assez vite. Nous voyons néanmoins de plus en plus d’équipes et de sponsors étrangers entrer dans la compétition. Et ils semblent satisfaits des retombées qu’ils obtiennent, comme du niveau sportif proposé. »

MAPEI, un partenariat international au service de la performance

Parmi les acteurs qui illustrent cette dynamique figure MAPEI, groupe industriel italien spécialisé dans les produits chimiques pour le secteur de la construction et sponsor-titre d’Ambrogio Beccaria.

La Route du Rhum constitue une échéance majeure pour le skipper italien, qui a livré plusieurs duels serrés avec Sam Goodchild, le skipper de MACIF Santé Prévoyance, lors des premières courses de la saison.

« C’est l’une des transatlantiques les plus prestigieuses et les plus exigeantes. Elle mettra Ambrogio à l’épreuve. Nous sommes prêts à l’accompagner et à le suivre avec passion et enthousiasme », souligne Simona Giorgetta, membre du conseil d’administration de MAPEI.

Pour l’entreprise, le partenariat avec l'IMOCA s’inscrit dans une stratégie de visibilité à l’échelle mondiale, en cohérence avec son implantation internationale.

« Nous sommes extrêmement satisfaits de la visibilité que nous apporte ce partenariat. Être le sponsor principal d’Allagrande MAPEI, l’un des bateaux de référence de la Classe IMOCA, nous permet d’associer notre marque à un environnement international de très haut niveau. Grâce au talent d’Ambrogio pour communiquer et à la place qu’occupe l’IMOCA dans la course au large, notre logo naviguera sur les mers du monde entier au cours des prochaines années », explique-t-elle.

Team Malizia, un modèle de sponsoring international

Autre acteur majeur de cette internationalisation : Team Malizia, qui sera représenté sur la Route du Rhum par l’Allemand Boris Herrmann, à bord de son nouveau bateau, Malizia 4. Après des premiers signaux encourageants sur The Ocean Race Atlantic, l’équipe visera le podium en Guadeloupe, malgré les dommages subis par le système de foils de son bateau.

Team Malizia est l’équipe internationale présente depuis le plus longtemps en IMOCA. Elle bénéficie du soutien d’un portefeuille de partenaires internationaux de premier plan : Yacht Club de Monaco, EFG, Zurich, KPMG, Schutz et Hapag-Lloyd. Le Yacht Club de Monaco et EFG ont récemment célébré dix années de partenariat avec l’équipe et rempilé pour quatre années supplémentaires.

Pour Holly Cova, directrice du Team Malizia, les partenaires sont notamment attirés par la diversité des récits que permet la course au large, entre le Vendée Globe et les épreuves de The Ocean Race.

« Ces deux histoires se complètent. Le Vendée Globe raconte l’aventure d’un héros seul face à lui-même, tandis que The Ocean Race met en avant l’esprit d’équipe et d’autres dimensions : un groupe mixte qui travaille ensemble, la transmission entre générations au sein de l’équipe, ainsi que les enjeux liés à l’océan et au climat. Peu de sports permettent de réunir autant de sujets différents », explique-t-elle.

Genre, climat, innovation : les atouts d’un sport singulier

Au-delà de la performance sportive, l’IMOCA offre aux marques un terrain d’expression sur des enjeux sociétaux et environnementaux. Une singularité que Holly Cova estime déterminante pour fidéliser les partenaires.

« Dans la plupart des sports, les compétitions sont séparées entre les femmes et les hommes. Et il est difficile d’y développer un discours crédible sur le climat : lorsque vos enfants jouent au football sur un terrain, vous ne parlez pas spontanément du changement climatique. La Classe IMOCA est donc assez unique. Peu de sports proposent une telle combinaison de thématiques, et les entreprises restent également sensibles à sa dimension compétitive. »

La directrice du Team Malizia souligne également l’attrait des entreprises pour la dimension technologique de la discipline, où la recherche de performance passe par l’innovation et le développement des bateaux.

Un constat partagé par Simona Giorgetta, qui voit dans la voile océanique un prolongement naturel des valeurs de MAPEI.

« Pour nous, la course au large incarne des valeurs sportives qui font depuis toujours partie de l’ADN de l’entreprise : la passion, la ténacité, la détermination face aux nouveaux défis et l’esprit d’équipe. Nous sommes également intéressés par les dimensions technologiques et innovantes de la discipline. Enfin, l’internationalisation et la durabilité occupent une place importante dans ce sport : ce sont deux piliers de notre stratégie. »

La qualité des équipes étrangères progresse

Pour Antoine Mermod, l’internationalisation de l’IMOCA ne se limite plus à une hausse du nombre d’équipes étrangères engagées. Leur niveau sportif progresse lui aussi de manière constante.

Si la Route du Rhum affiche cette année un léger recul du nombre de participants internationaux, les skippers étrangers présents figurent presque tous parmi les candidats au podium.

« Le succès des équipes internationales et non françaises repose sur un équilibre entre quantité et qualité. En matière de quantité, nous sommes dans la bonne dynamique, mais c’est surtout la qualité qui ne cesse de progresser. Dans le classement des IMOCA Globe Series, les cinq premiers sont majoritairement non français. C’est une situation que nous n’avions encore jamais connue », conclut le président de la Classe.

Source : IMOCA