Sam Goodchild est plus que prêt à s’élancer sur sa première Route du Rhum, "On sait qu’il y aura des imprévus"

 

À moins de 48h du départ, dimanche 1er novembre à 13h02, Sam Goodchild est plus que prêt à s’élancer sur sa première Route du Rhum-Destination Guadeloupe en IMOCA. À la barre de MACIF Santé Prévoyance, bateau vainqueur du dernier Vendée Globe et encore optimisé depuis, le skipper franco-britannique figure parmi les grands favoris. Après deux participations malheureuses sur la transat légendaire, il revient avec une solide envie de bien faire et la confiance d’une équipe qui n’a rien laissé au hasard. Cette transat marquera également la dernière course du bateau sous les couleurs de MACIF Santé Prévoyance.

Crédit : R Gladu


Prétendant au titre, mais rien n’est écrit

Sam Goodchild ne s’en cache pas. À bord d’un IMOCA performant, entouré d’une équipe expérimentée, le franco-britannique sait qu’il possède les armes pour être aux avant-postes. Un statut de favori qu’il accueille avec les honneurs, sans oublier les incertitudes inhérentes à la course : « Être désigné comme le concurrent à battre, cela ne veut finalement pas dire grand-chose. On est regardé, c’est sûr, mais je porte ça avec fierté. L’équipe a tellement bien travaillé qu’on nous voit en tête de classement. Après, sur la Route du Rhum, on sait que tout peut arriver. On maîtrise ce que l’on peut, le reste se dessinera la semaine prochaine. »

Cette troisième participation a aussi un goût de revanche. En 2018, Sam Goodchild avait démâté. Quatre ans plus tard, sa course s’était achevée par une évacuation en hélicoptère vers l’hôpital de Saint-Malo. Deux éditions qui lui ont laissé des souvenirs amers, mais n’ont en rien entamé son envie de briller sur cette légendaire transat. « Je n’ai en effet pas eu de réussite sur mes deux dernières participations à la Route du Rhum. Mais là, je reviens avec une super équipe, un bateau dans lequel j’ai confiance et une immense envie de bien faire. On sait qu’il y aura des imprévus, cela fait partie du jeu », confie Sam.

Et la concurrence promet d’être rude, car les prétendants à la victoire sont nombreux. « Le plateau est très élevé, il va falloir se méfier de tout le monde. Charal et Allagrande Mapei vont pousser très fort. Il y a aussi les bateaux neufs, notamment Malizia 4, contre lequel on n’a jamais navigué. Boris (Herrmann) a une grosse expérience et on sait aussi que Seb (Simon) ne lâche rien. Et puis Violette (Dorange) et Élodie (Bonafous) ont de super bateaux et, si elles ne font pas d’erreurs, elles peuvent aller loin. Ça va être intéressant ! » explique le skipper de MACIF Santé Prévoyance.

Un bateau polyvalent pour une course pleine d’incertitudes

Vainqueur du dernier Vendée Globe, MACIF Santé Prévoyance a continué d’évoluer ces derniers mois. Sans modifier sa carène, l’équipe a travaillé sur une multitude de détails pour améliorer encore ses performances. Une polyvalence qui pourrait faire la différence sur une Route du Rhum dont le scénario s’annonce inhabituel comme l’indique Sam : « On a un bateau très compétitif, avec des performances homogènes. Ce départ au portant, ce ne sont pas forcément mes conditions préférées, mais on a beaucoup progressé avec l’équipe dans ces allures. On va peut-être se retrouver plus nombreux en tête de flotte. »

Pour le départ dimanche, les conditions seront plutôt favorables, avec une mer plate et un vent de nord-est de 10 à 20 nœuds. Une situation rare pour un début novembre, mais qui pourrait rapidement se complexifier. « C’est une situation atypique pour une Route du Rhum, avec un anticyclone sur l’Angleterre et des conditions assez fiables en direction et en force de vent. C’est idéal ! Après, cela se complique, avec des systèmes dépressionnaires un peu bloqués. C’est cette partie de la météo qui n’est pas encore très claire. » poursuit le skipper de MACIF Santé Prévoyance.

La victoire en ligne de mire, le plaisir en fil conducteur

Pour cette dernière course de MACIF Santé Prévoyance sous ses couleurs actuelles, l’objectif est clair : jouer la victoire en IMOCA. « Si je gagne la Route du Rhum, ce sera ma plus belle victoire. Mais on peut aussi faire une belle course sans gagner. Mon objectif est de me faire plaisir et d’être fier de ma course à l’arrivée. »

Cette envie de bien faire, Sam Goodchild la puise aussi dans l’énergie de son équipe et dans les rencontres qui rythment les derniers jours à Saint-Malo. Des enfants venus découvrir le bateau, 150 collaborateurs de la MACIF accueillis à bord : autant d’occasions de transmettre ce qui l’anime. « J’adore partager ma passion. À chaque fois, ce sont des gens intéressés, curieux de découvrir ce qu’on vit en mer. J’essaie de leur transmettre cette passion. On a envie de faire les choses bien. Mon équipe donne tout pour ce projet et j’ai envie de faire mon travail à la même hauteur. »

La météo du départ et des premières 48 heures de course avec Thierry Douillard, team manager de l‘Imoca MACIF Santé Prévoyance 

« Nous avons affaire à une situation particulière pour un début novembre, car un anticyclone puissant est installé sur l’Angleterre. Il est bloqué, il ne bouge pas. Les conditions de départ sont donc très claires : ce sera au portant avec un vent de nord-est, puis un contrebord à effectuer pour contourner le cap Fréhel. Le vent montera progressivement à l’approche de la sortie de la Manche et les concurrents longeront sans doute les côtes anglaises pour aller chercher la courbure anticyclonique. Ils pourraient même remonter jusqu’en mer d’Irlande.

La route pour rejoindre les Antilles sera très nord, proche de l’orthodromie, et passera au nord des Açores. Le début de course risque d’être rapide, mais la suite reste floue, avec des cellules dépressionnaires qui se déplacent du nord au sud. C’est vraiment un scénario inédit, car il n’y a pas d’alizés ni de dépressions à aller chercher dès le début.
»

Source : MA Parendeau