A moins de 105 milles de la ligne mouillée au large de Progreso se jouent la victoire finale et les places du podium de la 2è édition de la Solidaire du Chocolat. Au classement de 15 heures, Mare affiche toujours 40 milles d’avance sur Agir Recouvrement-Bureau Veritas (Stéphane Le Diraison / Adrien Hardy). Sauf retournement de dernière minute et après une nuit torride, Jorg Riechers et Marc Lepesqueux semblent en bonne position pour croquer toutes les saveurs d’un succès construit de haute lutte depuis le départ de Saint-Nazaire. Ils sont attendus entre les douze coups de minuit ce jeudi et 02h du matin (HF).
Presque un Atlantique avalé, et ils régatent comme s’ils étaient partis hier. A 470 milles des eaux paradisiaques qui baignent Saint Barth, le rythme s’accélère dans les rangs de la Solidaire du Chocolat, emmenés au pas de charge par Mare, son indéfectible leader : cap direct vers la porte de passage. Mais c’est sans compter avec le trio de chasseurs formé par Geodis, Agir Recouvrement-Bureau Veritas et Aquarelle.com. Ces trois-là se tiennent dans un mouchoir de moins de deux milles. A vue et full contact, ils affichent aussi un léger décalage qui pourrait se révéler bien inspiré. Si Eole ne fait pas mentir les prévisions sous ces latitudes tropicales, il pourrait de nouveau couper les ventilateurs aux abords de l’île de toutes les convoitises…
Après une semaine de course, la flotte de la Solidaire du Chocolat bataille au beau milieu de l'Atlantique. Et, depuis 8 jours et 8 nuits, le duo d'Aquarelle.com est au coude à coude avec ses camarades de podium. Ils ne se lâchent pas d'une carène, la régate bat son plein... et ce n'est pas fini !
Comme prévu au large des côtes portugaises où l’anticyclone des Açores et son cortège de zones de calmes occupent la place, la flotte de la Solidaire du Chocolat s’est éclatée dans tous les sens. Près de 200 milles en latitude séparent désormais Poèmes Bleus (Prochasson-Galland), perché au nord-ouest d’Initiatives-Alex Olivier (De Lamotte-Tanguy) le plus décalé au sud. Le premier, pointé encore aux avant-postes hier, a dégringolé dans les classements, dont les honneurs reviennent à présent au duo d’Agir-Recouvrement (Le Diraison-Hardy).
Vainqueurs incontestés de la dernière Transat Jacques Vabre à l'automne dernier sur le Class40 Aquarelle.com, Yannick Bestaven et Éric Drouglazet s'apprêtent à repartir, le 11 mars prochain, sur une nouvelle course transatlantique : La Solidaire du Chocolat. Le plateau sportif de la 2e édition de cette transat France-Mexique est particulièrement relevé, mais le duo d'Aquarelle.com part pour la gagne avec un bateau optimisé...
Yannick Bestaven et Eric Drouglazet (Aquarelle.com) ont franchi la ligne d’arrivée de la Transat Jacques Vabre, ce jeudi 24 novembre à 08 h 59 mn 08 s, heure française, soit 01 h 59 mn 08 s, heure locale à Puerto Limon. Après avoir mené la course de bout en bout, les deux navigateurs signent une victoire convaincante dans le temps de 21j 17h 59mn 08s. Leur vitesse moyenne sur le parcours théorique est de 9,06 nœuds.
Plus que quelques heures de mer. Positionnés au classement de 17h00 à 123 milles de l’arrivée, Yannick Bestaven et Eric Drouglazet avancent encore à 15 nœuds, en route directe vers l’arrivée. Les deux navigateurs profitent de ces dernières heures de mer sans pression excessive, compte tenu de leur avance sur leur dauphin ERDF des Pieds et des Mains.
En tête de la Class40, ça ne mollit pas. Les deux équipages de tête maintiennent un rythme très élevé : sous spinnaker, dans des vents qui peuvent monter jusqu’à 35 nœuds, les barreurs sont parfois contraints de s’amarrer tant les ponts des voiliers sont balayés par les vagues.Pour les autres, on pense déjà au retour.
C’est une victoire large que celle de Virbac-Paprec 3, avec plus de 10 heures d’avance sur son fidèle camarade de jeu, Hugo Boss. Une victoire à la hauteur des efforts des deux hommes qui ont tout donné pendant 15 jours. Arrivés fourbus et barbus dans la nuit de Puerto Limon, ils améliorent de 1 heure et 07 minutes le temps de référence de ce parcours après 15 jours, 18 heures et 54 secondes de bagarre. Alex Thomson et Guillermo Altadill sont attendus ce soir vers 20 heures.
Les concurrents de la Transat Jacques Vabre profitent de longues glissades dans les Alizés, que ce soit dans ou en dehors de la mer des Caraïbes. Le classement général provisoire ne montre pas de grands changements si ce n’est la nouvelle accélération de Virbac-Paprec 3. Actual et Aquarelle.com contrôlent toujours parfaitement leurs adversaires.
Le dernier quart de course ne sera pas de tout repos. Une compétition sans merci dans une atmosphère tonique où les marins doivent se relayer à la barre sans se soucier des paquets de mer qui balayent le pont. Les alizés sont soutenus. Et malgré la fatigue accumulée après 12 jours de régate océanique, il va falloir continuer à tout donner.
Les alizés sont enfin là, tout au moins pour les Multi50 et les Imoca, et tous veulent savourer ces quelques heures où la pression de la course est parfois mise entre parenthèses pour le simple bonheur d’être en mer.
Entre Actual qui glisse au portant dans les alizés et le dernier Class40 à l’est des Açores, les 21 concurrents de la Transat Jacques Vabre s’étalent désormais sur 1400 milles (2500 km). Dans les trois séries, les écarts entre les leaders et leurs poursuivants commencent à être importants : 400 milles en Multi50, 200 milles en Imoca, et 100 milles en Class40. Mais nous ne sommes qu’à la mi-course et l’autoroute alizéen ne semble pas si fluide que cela…
Jean-Pierre Dick, Virbac Paprec Imoca, leader à 17 heures :"Notre option semble payante"
« Nous naviguons actuellement devant le front, Hugo Boss est à côté de nous. Cela me rappelle la Barcelona World Race 2007 ! En ce moment, nous passons pas mal de temps à la table à cartes pour étudier la suite du parcours. Notre option nord-ouest semble payante pour l'instant. La stratégie semble claire jusqu'aux Antilles.»
Jérémie Beyou : « Nous sommes repartis dans l'ouest pour chercher une bonne pression. Nous naviguons vent de travers avec un vent de 20-25 nœuds. C'est un peu inconfortable, le bateau va vite dans les vagues, ça tape beaucoup, tout est mouillé à bord mais pour l'instant on tient la corde. Le moral est bon. »
Les neuf Imoca en course naviguent en marge d’un anticyclone au beau milieu de l’Atlantique. La flotte des Class40 converge vers les Açores et s’apprête à recevoir les dernières piques du mauvais temps. Excepté le triste abandon ce matin des benjamins de la course Ned Collier Wakefield et Sam Goodchild (le Class40 Concise 2), la compétition reprend peu à peu ses droits. Les bateaux de tête filent vers le soleil et les vents portants.
Pour les grands monocoques et les deux Multi50, les heures pénibles passées dans le gros temps ne sont plus qu’un mauvais souvenir. Cette semaine de brise a toutefois laissé des traces sur les bateaux et les jours prochains seront consacrés à une revue minutieuse du matériel. Quoi qu’il en soit, l’amélioration des conditions permet de passer sans complexe du mode préservation au mode attaque.
Victimes d'une avarie lors de leur convoyage vers le Havre, Yannick Bestaven et Eric Drouglazet (Aquarelle.com) sont actuellement en stand by à Saint Quay Portrieux pour réparer. Ils devraient rallier le Havre, port de départ de la Transat Jacques Vabre, d'ici 2 à 3 jours.
« La mèche du safran tribord a cassé au large de Bréhat générant une importante voie d'eau à bord. Nous avons rejoint le port de St Quay par nos propres moyens. Le bateau vient d'être sorti de l'eau et nous attendons la visite de l'expert d'assurance pour démonter les safrans », explique Yannick.
Les Class40 sont parfois des bateaux brutaux. En faisant une chute dans le bateau, Christophe Bouvet s'est légèrement bloqué le dos et doit donc se ménager. Yannick Bestaven va devoir devoir donc passer en mode "solitaire" pour les derniers milles jusqu'aux Sables d'Olonne."Cette chute vient me rappeler combien mes années de rugby n'ont pas forcément été très bénéfiques pour mes vertèbres", ironisait Christophe, joint à la vacation ce matin. Aquarelle.com continue la course et compte bien défendre sa première place au classement général.
Ce fut un coup de maître. La victoire d’Aquarelle.com ne souffre d’aucune contestation tant elle fut construite avec méthode et intelligence. Une option nord assumée d’entrée dans le golfe de Gascogne, une vitesse et une ténacité issues de l’expérience des deux hommes en course au large, la superbe entente d’un tandem complémentaire sont les clés de cette première victoire.
Yannick Bestaven (Aquarelle.com) sous gréement de fortune, puis Kito de Pavant (Groupe Bel), au moteur, sont arrivés à 2h40 et 2h55 au ponton des Sables d’Olonne. Une heure plus tard, ils souhaitaient bon vent à Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) qui repartait en mer.
Grosse émotion cette nuit sur le ponton des Sables d’Olonne. Malgré l’heure tardive, ils sont venus nombreux pour accueillir les deux marins, victimes d’un démâtage à une demi-heure d’écart lundi soir. Familles, amis, anonymes et une cinquantaine de salariés du sponsor de Kito leur ont témoigné tout leur soutien. Impossible de retenir les larmes lorsque les deux malheureux navigateurs se sont tombés dans les bras l’un de l’autre, relâchant toute la frustration de ce coup du sort.
Premier au ponton, Yannick Bestaven se sentait un peu perdu une fois pausé pied à terre : « Il y a un sentiment d’injustice. Mais comme quoi le Vendée Globe n’était pas fait pour moi cette année. Ce sont des mois d’efforts qui ne sont pas du tout récompensés. C’est dur. J’aurais mieux fait de rester chez moi cet été lorsqu’il y a eu les problèmes de sponsor. J’ai l’impression d’avoir bataillé pour rien. Ce fut beaucoup de sacrifices pour moi et pour l’équipe. Toute l’équipe a bossé comme des fous jusqu’au départ. Ils croyaient tous en moi. Tout le monde est très déçu. (…)
Yannick Bestaven :
J’ai eu de la chance car le mât est tombé juste à côté de moi. J’étais en train de finir de manœuvrer, de ranger les drisses en pied de mât. C’est sûr que j’ai eu du bol de ne pas me le prendre sur le coin du nez. Je n’ai pas eu le temps de réaliser. Juste vu les dégâts sur le bateau et que la belle histoire s’arrête vite. C’est arrivé au début de la nuit et la mer était encore très grosse. Le mât tapait le long de la coque. Il a fallu vite tout couper car je n’avais qu’une peur, c’est que le mât défonce le bateau. Le bateau se faisait rouler dans tous les sens. C’était un peu la panique à bord. Je me suis harnaché sur le pont. Et avec une scie à métaux et un couteau, j’ai coupé tout ce que je pouvais couper au fur et à mesure pour dégager le gréement du bateau. Impossible de récupérer des voiles. J’ai dû tout larguer à la mer. »
Terriblement triste, Kito de Pavant n’a pas caché son émotion devant l’accueil chaleureux qui lui était réservé : « C’est beaucoup de frustration de ne pas être sous les étoiles. Le beau temps s’est installé après la tempête. Et je n’ai pas passé la première tempête. Le plus dur avait été fait et je savais que quelques heures plus tard, ce ne serait plus que du bonheur. Le bateau a planté dans une vague plus forte que les autres. Le mât est tombé et l’aventure s’est arrêtée là. Je pense surtout à ceux qui continuent et profitent aujourd’hui des glissades dans l’alizé. Avec les conditions en ce moment, cela doit être génial pour eux. J’espère qu’ils seront tous là à l’arrivée aux Sables d’Olonne parce que l’accueil que j’ai eu ce soir était exceptionnel. Je ne m’attendais vraiment pas à voir ça et… voilà, j’ai encore les larmes aux yeux, c’est terrible. J’aurais tellement voulu arriver plus tard aux Sables. »