Transat BPE / Ils racontent

Après deux semaines de mer, la situation semble se clarifier sur la scène de la Transat BPE. En tête de flotte, Gildas Morvan continue de creuser son sillon, imperturbable… Une route qui fait l'admiration de ses adversaires, une vitesse impressionnante et un véritable bonheur d'être en mer : à 1100 milles de l'arrivée, rien n'est joué, mais le skipper de Cercle vert a visiblement marqué quelques points. Les derniers jours de course devraient ressembler à un long sprint dans lequel les options stratégiques dans les alizés seront forcément limitées.

Ce que voulait Erwan Tabarly (Athema)..., 3ème au classement de 17h30 :
"Nico Troussel n’est pas très loin effectivement et Gildas a pris beaucoup d’avance hier, c’était une bonne journée pour lui, mais rien n’est joué encore. C’est sympa d’être dans le coup, sur ce genre de transat il n’y a rien de plus terrible que d’être largué rapidement et faire la course derrière. C’est très satisfaisant d’être dans les premiers, on prend forcément plus de plaisir, on se sent en phase avec le bateau et avec la météo. La portion la plus piégeuse sur ces courses, c’est la première, jusqu’à Madère. Il y a toujours beaucoup de coups à faire, il faut être vraiment dessus et mettre du charbon les premières nuits. Quand tu es devant dès les débuts, c’est toujours plus facile d’y rester. Mais moi je fais ma course, on fait chacun notre route. Ça ne va pas être simple de chiper la première place à Gildas. On attend une belle bascule demain, ça pourrait jouer en ma faveur, ça reste à voir. Je regarde aussi attentivement Financo, il n’est pas très loin, il y a bataille, il y a du match. La Transat est passionnante cette année, elle est fabuleuse, j’étais venu pour ça. J’ai trouvé ce que je cherchais donc je suis super satisfait." .



Gérald Veniard

(MACIF) à la barre, 4ème au classement de 17h30 :
"Ça va, je faisais une petite sieste, car la fin de nuit a été un peu mouvementée… Il y a eu une nuit bien noire et le vent est monté progressivement de 22 à 35 nœuds, sous grand spi et voile haute. Il fallait faire attention à ne pas faire de sortie de route. Bref, j’ai eu un peu de stress, mais pas mal de bonheur. J’ai eu beau demander s’il y avait quelqu’un pour changer mon spi, mais je n’ai pas eu de volontaires : donc je n’ai pas bougé ! Les gens ne sont pas très serviables quand même… J’ai gagné le Trophée AG2R aujourd’hui ? Voilà une bonne nouvelle qui donne du baume au cœur et du beurre dans les épinards ! C’est bon ça, c’est une excellente nouvelle ! J’ai hâte de payer mes ti-punchs à l’arrivée ! J’avais un rythme de vie à peu près cadré jusqu’à hier soir, mais depuis le vent est rentré relativement fort ; donc j’aide un peu le pilote. Je suis sur le pont quasiment vingt-quatre heures sur vingt-quatre. La priorité est à la marche du bateau. Il ne faudrait pas faire de casse ou de sorties de route maintenant ce serait trop bête…" .


Adrien Hardy (Agir recouvrement) combatif, 10ème au classement de 17h30 :
« Mon objectif maintenant c’est de gratter des places. C’est la dernière ligne droite. Il faut faire avancer le bateau au plus vite et puis voilà. En plus on a la chance d’avoir des conditions très agréables pour avancer et passer du temps à la barre. Il faut être dehors le plus souvent possible. Le vent est assez instable, ça passe de 18 à 30 nœuds. Il y a de grosses variations tant en force qu’en direction. Je ne prends pas de temps pour moi, je pense même que ça va être la semaine la plus fatigante. De toutes façons c’est prévu d’arriver fatigué là bas ! Il faut tout donner maintenant, car même si le pilote barre bien, le bateau n’avancera jamais aussi bien que si je suis à la barre. Mon erreur a été un peu dure à digérer, j’ai évidemment des regrets mais ca ne m’empêchera pas de ma battre pour ma dernière portion de course. »

Crédits Photos : M.Mochet / AFP
Source : Transat BPE