"On va quand même bien nord, il y a du chemin à faire," Elodie Bonafous et l'IMOCA Association Petits Princes – Quéguiner sur la Vendée Arctique

 

13h02 ce dimanche, Elodie Bonafous s’est élancée vers le cercle polaire arctique. Devant l’étrave d’Association Petits Princes – Quéguiner s’ouvre désormais un parcours de plusieurs centaines de milles jusqu’à la latitude 66° Nord, au cœur d’une zone rarement fréquentée par les IMOCA. Mais avant les dépressions, le froid et les longues journées du Grand Nord, la Vendée Arctique a offert à la flotte un départ tout en retenue. Quelques nœuds de vent à peine, une mer relativement maniable et le sentiment, pour les marins, de pouvoir entrer progressivement dans leur sujet.


Crédit : R Marie 

 Quelques heures auparavant, la skipper finistérienne avait trouvé matière à sourire dans un document bien moins scientifique que les fichiers météo : son horoscope du jour. « Il n’est pas bon du tout. Il me dit de ne pas confondre vitesse et précipitation, et qu’en gros je vais attraper froid. » Une prédiction qu’elle accueille avec la distance nécessaire, mais dont elle retient malgré tout la formule. « Ne pas confondre vitesse et précipitation, c’est plutôt un bon conseil en IMOCA. » L’idée lui convient d’autant mieux que les conditions annoncées imposent davantage de finesse que d’agressivité. « Finalement, ça me met dans un bon mood. »

La suite, elle la connaît déjà : les choses vont rapidement se compliquer. Mais ces premières heures offrent encore quelques repères. « Ça fait du bien d’avoir un peu de visibilité sur les deux ou trois premiers jours. On sait globalement comment ça va se passer. » Reste qu’un départ dans le petit temps ne signifie jamais une course facile. La veille encore, plusieurs options semblaient pouvoir se dessiner dans les faibles souffles de sud. Pourtant, une fois sur l’eau, la réalité reprend vite ses droits. « Il faut surtout faire avec ce qu’il y a. Faire avancer le bateau et aller chercher le vent quand il tourne. »

Toute la philosophie d’Élodie tient sans doute dans cette approche. Ne pas chercher à imposer un scénario. Lire celui que la mer propose. S’adapter plutôt que subir. Construire sa course au fil des situations plutôt que vouloir la figer avant même le départ. Cette capacité d’adaptation sera précieuse. Car la douceur du jour ne constitue qu'une parenthèse.

Dès la remontée vers la Bretagne puis l’Irlande, le vent doit progressivement monter en puissance et la navigation devenir plus exigeante. « Ça va vite accélérer », résume-t-elle. « On va quand même bien nord, il y a du chemin à faire. » Et au-delà des premiers jours, les certitudes s’effacent. Les modèles divergent, les scénarios se multiplient et le Grand Nord conserve une grande partie de ses secrets. Une perspective qui ne semble pas l'inquiéter outre mesure. Au contraire. Car c’est aussi pour cela qu’elle est là. Pour se mesurer à un environnement nouveau, à une course qui sort des cadres habituels et à des situations qu’aucun manuel ne permet vraiment d’anticiper.

Le cercle polaire est encore loin. Mais l’aventure, elle, est déjà bien lancée, emportant avec elle les rêves des petits princes et petites princesses de l'association !


Source : Rivacom