Tenant du titre, Charles Caudrelier : "je me connais parfaitement bien, mais je connais moins bien Gitana 18"

Vainqueur en 2022 d’une Route du Rhum-Destination Guadeloupe quasi parfaite à bord du Maxi Edmond de Rothschild Gitana 17, et détenteur du temps de référence de la course en 6 jours 19 heures 47 minutes et 25 secondes, Charles Caudrelier remet sa couronne en jeu.


Crédit : Y Riou





Il y a quatre ans, à la barre du multicoque volant le plus performant de sa génération, le skipper Gitana, bien que bizuth de la course et du trimaran en solitaire, partait en favori. Aujourd’hui, à 52 ans, l’homme à battre est aux commandes d’un maxi-multicoque hautement novateur mis à l’eau le 14 février, soit moins de huit mois avant le coup d’envoi de la légendaire transat. Cette Route du Rhum sera la toute première course, la toute première confrontation du nouveau Maxi Edmond de Rothschild Gitana 18 avec ses concurrents. Un défi que Charles et son équipe sont impatients de relever.


Arrivé en 2019 au sein du Gitana Team, il est l’artisan de la montée en puissance et des grands succès de Gitana 17. Un travail qu’il a entrepris avec autant de passion et d’engagement pour la mise au point du nouveau et révolutionnaire Maxi Edmond de Rothschild, avec lequel il s’élance pour la première fois dans celle qu’il appelle « sa course de cœur ».

Les mots de Charles Caudrelier

Nouveau statut 

« En 2022, j’étais dans la configuration du favori. Mon bateau avait un temps d’avance. J’avais tout gagné, j’avais beaucoup navigué, j’étais à l’aise dans ma gestion de Gitana 17 dont je connaissais les réglages à 10 centimètres près. Je me sentais un cran au-dessus de mes adversaires à tous les niveaux, même si c’était ma première Route du Rhum. Cette année, c’est très différent. J’ai encore plus de maîtrise et d’expérience en solitaire sur les grands multicoques volants, je me connais parfaitement bien, mais je connais moins bien Gitana 18. Je sais qu’il est performant, mais pas encore à 100% de son potentiel. Je vais découvrir des choses, des conditions dans lesquelles je n’ai pas encore navigué, il faudra que je m’adapte. C’est une autre approche mais c’est un exercice qui me passionne. Même si je ne suis pas favori, on va essayer de tout faire quoiqu’il arrive pour jouer la gagne. »

 En solitaire pour une performance collective

« Je me suis toujours senti à l’aise en solo, c’est là où je me sens le meilleur marin et c’est un de mes grands atouts. Mais comme en Formule 1, un sport auquel j’aime me référer, le meilleur pilote n’est rien s’il ne dispose pas de la meilleure voiture et de la meilleure équipe. Or, mon point fort, c’est l’équipe. Avec le Gitana Team, nous avons une longue histoire commune, nous avons découvert le vol ensemble, traversé des épreuves et progressé ensemble. Ce ne sont que des gens talentueux, nous travaillons dans l’échange, dans la sérénité et avons développé une capacité de réaction, une énorme confiance mutuelle. Notre dispositif humain est très solide. Grâce à ce dispositif, j’ai surement le bateau le plus innovant parmi les cinq à six grands multicoques qui existent au monde. C’est un privilège, il ne faut jamais l’oublier. Il y a du monde derrière, des investissements, des attentes. Mon rôle est de concrétiser en course le travail de tout ce monde. C’est une grosse responsabilité. En même temps, je sais que j’ai beaucoup de chance. La voile est un sport mécanique où le talent du skipper ne fait pas tout. Le nerf de la guerre, c’est d’avoir une bonne équipe, des armateurs engagés qui vous accompagnent. J’ai la chance de bénéficier de tout cela depuis huit ans ».

Source : T Combo Seita