Une saison tournée vers le solitaire pour Achille Nebout et son Class40 Amarris, "ce n’est pas la même gymnastique"

 

Pour la première fois depuis son arrivée en Class40 en 2023, la saison d’Achille Nebout sera essentiellement consacrée au solitaire. L’enjeu : parvenir à trouver ses automatismes et à peaufiner ses bons réflexes seul à bord avant la course majeure de son programme, la Route du Rhum en novembre prochain. À la barre du bateau vainqueur de la précédente édition (sous les couleurs de Paprec Arkéa), il ne manquera pas d’arguments pour faire partie des grands acteurs de ce rendez-vous mythique.

Crédit : Amarris



« Cette année, c’est solo, solo, solo ! » Avec la Route du Rhum en ligne de mire, Achille Nebout place le solitaire comme sa grande priorité de la saison. Il va donc retrouver le plaisir d’être seul aux manettes, ce qu’il avait longuement expérimenté en Figaro pendant quatre saisons (2019 à 2022). À la barre du Class 40 Amarris, c’est en duo ou en équipage qu’il est progressivement monté en puissance, à l’image de sa 2e place sur la Transat Jacques Vabre (2023, avec Gildas Mahé) , de son succès sur la Transat Québec-Saint-Malo (vainqueur de l’édition 2024, avec Gildas et Alan Roberts), avant sa récente 4e place sur la dernière Transat Café l’Or (toujours avec Gildas).

Des sessions d’entraînements enrichissantes au Portugal

Ces trois saisons lui ont permis de connaître le bateau sur le bout des doigts et de rester l’un des plus compétitifs de la flotte. « Je ne vais pas me faire surprendre par ses réactions », sourit Achille. Mais le skipper rappelle qu’en solitaire, « ce n’est pas la même gymnastique ». « Les manœuvres sont plus dures et plus longues, la gestion du sommeil est forcément différente, et donc de son rythme à bord aussi ». Son programme en 2026 a donc été façonné afin de s’y adapter au mieux.

Et ça commence dès le 15 février puisqu’Achille larguera les amarres pour rejoindre Cascais au Portugal (si les conditions le permettent). « L’idée, c’est d’aller chercher une température plus douce et des conditions plus clémentes qui permettent de faire des sorties en mer qualitatives de plusieurs jours », précise-t-il. Lors du convoyage aller, il sera accompagné par Ambrogio Beccaria, l’un des plus beaux palmarès récents de la Class40, devenu l’an dernier skipper de l’IMOCA Allagrande Mapei. « Ça va être génial de pouvoir bénéficier de son expérience du solo et de son regard affûté, il aura des conseils précieux pour la suite ». Au Portugal, deux autres Class 40 seront présents afin de participer à ces sessions d’entraînements.

Des compétitions de la Bretagne à la Suisse

Achille sera de retour mi-mars pour un mois d’avril particulièrement chargé. Deux rendez-vous sont au programme : le Spi Ouest-France (du 3 au 6) et la Trin40 (du 24 au 30). Le marin avait déjà participé au « Spi » l’an dernier et plébiscite « cette grande fête de la voile française ». « L’an dernier, on s’était régalé, c’était une belle régate. Je trouve ça sympa de lancer la saison comme ça, en équipage ». Quelques jours plus tard, place à la première course en solitaire : la Trin’ 40, une longue boucle de 1200 milles autour de la Trinité-sur-Mer. « Ça va être six jours de course dans des conditions pas forcément faciles à cette période. Ce sera l’idéal pour prendre les bons repères en course ».

Après ce temps dédié à la compétition, Achille se lance de nouveau le challenge de naviguer à bord d’un Surprise, sponsorisé par Primeo Energie, sur le lac Léman avec ses amis Robin Christol et Marc Mallaret. Ils disputeront deux courses, la Genève-Rolle-Genève et la semaine suivante l’iconique Bol d’Or du Léman. « Nous étions venus l’an dernier et, en plus d’avoir réalisé une super performance, on s’était vraiment éclaté », sourit Achille. Pour le retour, ils ont décidé de racheter un vieux Surprise de 1981, qu’ils rénovent afin d’être prêts pour les deux régates. « L’an dernier, on avait terminé 2e du Bol d’Or. Là, on espère faire mieux même si ce sera très difficile vu le niveau de navigation sur le lac ! » Au-delà de l’aspect sportif, cette aventure permet aussi de « se faire plaisir, de changer d’air et de garder de la fraîcheur ». Il s’agit donc de dix jours pour se déconnecter, avant de se reconcentrer sur la suite du programme en Class 40.

Le Fastnet et un chantier cet été, des navigations à la rentrée

Justement, son programme passera, début juillet, par la Drheam Cup. Cette compétition a lieu en alternance tous les deux ans avec la Rolex Fastnet Race. Le tracé contourne également le fameux rocher avec un départ de Cherbourg et une arrivée à Lorient. « C’est une très belle course avec un parcours à la fois compliqué et piégeux », précise Achille qui rappelle que la course est qualificative pour la Route du Rhum. Ensuite, le bateau entrera en chantier pour « un gros check » et peut-être des « optimisations ». Achille en profitera pour se reposer et partir en vacances. Le Class 40 sera remis à l’eau début septembre et les sorties en mer vont s’enchaîner. Le marin souhaite profiter de cette montée en puissance pour inviter des partenaires à naviguer. « J’ai la chance d’avoir un lien très fort avec eux, notamment Amarris et Primeo Energie et j’ai envie qu’ils vivent l’aventure à fond à nos côtés. Ce sont des fans de voile et je suis heureux de leur rendre la pareille en naviguant ensemble ».

De quoi faire le plein de soutien et de confiance avant de prendre la mer et de se rendre à Saint-Malo pour la Route du Rhum. Il y aura forcément de la pression, de l’appréhension et une pointe d'excitation aussi : la course mythique, disputée tous les quatre ans entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre, a toujours été l’objectif majeur d’Achille et de ses partenaires depuis leur arrivée en Class 40. « Depuis trois ans, on a fait un super boulot avec Gildas et Loïc, nous avons beaucoup progressé et je connais parfaitement les atouts du bateau ». Certes, depuis qu’il a pris en main l’ex-Paprec Arkéa avec lequel Yoann Richomme a gagné la dernière Route du Rhum, près de 40 bateaux neufs ont été mis à l’eau. « Le niveau est très élevé et sur le papier, certains Class 40 sont plus performants, reconnaît Achille. Le solitaire et les conditions météos vont rendre le niveau plus hétérogène et l’expérience va compter ! » Un constat qui pousse à aborder cette nouvelle année avec enthousiasme, avec la certitude de vivre et faire vivre de sacrées émotions.

Source : EL'DO