La Solitaire du Figaro Paprec 2026, un plateau dense et ultra compétitif, Lola Billy : "ça fait un magnifique plateau"

Le plateau sportif de la 57e édition de La Solitaire du Figaro Paprec a de quoi réjouir et faire frémir. Avec 36 marins prêt à faire siffler les safrans, les trois étapes entre Perros-Guirec en Bretagne, Vigo en Espagne, Pornichet en Loire Atlantique et un final au Havre en Normandie, devraient offrir une multitude de possibilités pour faire parler l’expérience des uns, la fougue des autres et l’envie de surtout bien performer pour l’ensemble de la flotte. Le 17 mai prochain, dès les premiers milles, tous devront faire face à une concurrence des plus tenaces. Alors qui arrivera à tirer son épingle du jeu et succédera à Alexis Loison (Groupe REEL), vainqueur de l’édition 2025 ?

Crédit : V Ollivaud


Chaque année, la liste des inscrits à La Solitaire du Figaro Paprec fait rêver, mais pour cette édition, le retour de deux anciens vainqueurs, Yoann Richomme (Paprec) et Nicolas Lunven (PRB) devrait apporter du piment dans une classe qui n’en manque pourtant pas. Le talentueux Loïs Berrehar (Banque Populaire) qui revient pour la septième fois et qui comptabilise deux victoires d’étape et surtout deux podiums (troisième en 2023 et deuxième en 2024) aura également fort à faire face aux jeunes figaristes qui deviennent de plus en plus expérimentés et décomplexés. Le niveau se densifie pour le plus grand bonheur des solitaires qui viennent tous chercher la performance. Parmi les 36 inscrits, trois anciens vainqueurs sont donc présents. Tom Dolan (Kingspan), le plus récent avec sa victoire acquise en 2024, a une revanche à prendre suite à son problème au poignet l’année passée qui l’a forcé à jeter l’éponge. Sérieux prétendant au titre, Hugo Dhallenne (Skipper Macif 2025) aura à cœur de briller sur l’ensemble des étapes afin d’aller enfin chercher ce graal.

Britanniques et Américains toujours présents sur le circuit

Outre Tom Dolan, le contingent étranger pour cette édition 2026 compte toujours dans ses rangs Oliver Hill (Ollie Hill Racing) et Ellie Driver (STEM on the Startline) chez les Britanniques. Erica Lush (HOPE) représentera quant à elle la bannière étoilée pour sa seconde participation. Un nouveau venu, Joss Creswell (digiLab), pourra compter sur le présence de ses compatriotes Oliver et Ellie afin de l’intégrer de la meilleure des façons sur cette épreuve dont l’intérêt à l’international ne cesse de grandir.

À la découverte de l’école du grand large Du côté des bizuths, ils seront dix à se lancer dans le grand bain avec dans leurs rangs, Paul Cousin (Région Normandie) et Pierrick Letouzé (Normandy Offshore Program) qui porteront tous les deux les couleurs normandes, Pierrick ayant l’année dernière participé au Défi Paprec en double lors de la première étape entre Rouen et Roscoff. Marie Gendron (KEREIS SNCF Voyageurs) sera la seule femme bizuth cette année. Paul Loiseau (Région Bretagne – CMB Espoir), Quentin Mocudet (Saveurs & Délices), Hugo Le Clech (Mieux), François Jambou (Yuman) et Pier Paolo Dean (Banques Alimentaires) complètent la liste des nouveaux venus.

Mais ce tour d’horizon ne serait pas précis sans mentionner de nombreux skippers qui peuvent espérer bien figurer au classement. Troisième en 2025 grâce à une très belle régularité, Arno Biston (Article 1) est un sérieux client pour la victoire finale au Havre. Vainqueur de la deuxième étape à Vigo en 2025, Hugo Cardon (Sarth’Atlantique) figure aussi parmi les outsiders tout comme Paul Morvan (Foricher les Moulins) et Tom Goron, toujours aux avant-postes depuis le début de cette saison 2026.

Cette nouvelle édition promet de grands moments de voile et la physiologie de la course devrait permettre aux figaristes de faire montre de leur talent pour espérer l’emporter.

Paroles de skippers

Premier bizuth en 2007, Nicolas Lunven remporte La Solitaire du Figaro en 2009 et en 2017. C’est à bord de PRB que le marin fait son grand retour sur l’épreuve reine de la course au large en solitaire. « Mon début de saison est presque parfait c’est super. En revanche La Solitaire, ça va être une autre paire de manches et c'est à moi d'être bon. Tout seul, ça, c’est plus compliqué. J'ai appris plein de choses en naviguant avec Tom (Nicolas Lunven était associé à Tom Goron pour les épreuves en double de début de saison) et puis ça permet vraiment de me rendre compte un peu plus de ce qu’il faut faire sur le Figaro, la manière de naviguer, les manœuvres, … Même si nous avons eu de bons résultats, le niveau dans la classe est incroyablement élevé. Il faut maintenant que je passe en mode solitaire et c’est un exercice peu évident. Quoi qu’il en soit, j’ai hâte d’y être et j’appréhende aussi un peu car ce que j’ai réussi à faire avec Tom il faut que je le fasse tout seul maintenant ».

Pour sa deuxième Solitaire du Figaro Paprec, la jeune skippeuse Lola Billy espère faire beaucoup mieux que sa 26e place de l’année dernière mais reste très consciente que le haut niveau se joue sur l’expérience et fera tout pour en accumuler un maximum : « Il est certain que j’ai plus d'expérience et de visibilité que l’année dernière mais quand je vois qu’il en a fallu 19 à Alexis Loison pour la gagner, le chemin peut être long. Ce qui a été extraordinaire, c’est de pouvoir m’entraîner cet hiver avec les experts du Pôle Finistère Course au Large, d’échanger avec eux et d’avoir une autre vision sur nos entraînements en Figaro Bénéteau 3. Il y a évidemment un gros niveau et beaucoup d'expérience, surtout au large, de la part des experts mais avec les skippers plus jeunes de la nouvelle génération le jeu va être ouvert. Il y a bien sûr les deux MACIF (Hugo Dhallenne et Chloé Le Bars), Tom Goron et Paul Morvan (Foricher Les Moulins), ça fait un magnifique plateau. J’ai hâte de prendre le départ et de batailler avec tout ce monde-là. J’ai plus d’ambition de performance que l’année dernière où j’étais dans la découverte mais ce n’est que ma deuxième saison sous les couleurs de la filière Région Bretagne-CMB. L'objectif principal reste de me former pour aller performer et chercher le plus haut niveau en Figaro ».

Troisième en 2025 derrière Alexis Loison et Charlotte Yven, tous deux absents cette année, Arno Biston sur Article 1 fait figure de favori pour cette 57e édition. « Concernant La Solitaire du Figaro Paprec et plus précisément le niveau général du plateau, c’est vrai que cette année, avec le retour des anciens, il y a un véritable engouement, qui montre à quel point cette course reste une référence. Le plateau s’annonce très relevé, avec un nombre de participants en constante augmentation, et surtout le plaisir de ne pas avoir que des bizuths pour grossir les rangs. Entre Nicolas Lunven, Yoann Richomme et Loïs Berrehar, c’est clair que le niveau sera au rendez-vous. Il ne faut pas oublier tous ceux qui étaient déjà présents l’an dernier et qui restent très performants. Je pense qu’il y a facilement une bonne dizaine, voire une douzaine de bateaux capables de jouer aux avant-postes, donc ça promet une belle bagarre. Je ne crains pas forcément les anciens mais personnellement, j’ai peut-être plus d’attentes envers Tom Goron ou encore Paul Morvan, qui réalisent un très bon début de saison. Concernant mon objectif, c’est sûr que je vais essayer de faire mieux que l’année dernière, même si ça ne sera pas simple : il n’y a plus beaucoup de places au-dessus de la troisième. Mais l’idée reste de jouer devant et, pourquoi pas, viser la victoire si tout se passe bien. Après c’est La Solitaire... nous sommes nombreux à venir pour ça, et il faudra se battre ».

Équipier d’Alexis Loison sur les rendez-vous en double de ce début de saison, Paul Cousin disputera sa première Solitaire du Figaro Paprec sous les couleurs de la région Normandie. « Je m'entraîne tous les jours avec Yoann et Nicolas (Lunven). Ce sont des partenaires d'entraînement comme les autres parce qu’ils font un peu les mêmes erreurs que nous. Ça m'a fait plaisir de pouvoir me battre contre un Yoann Richomme et d'avoir les mêmes problèmes. Après, ils ont de bonnes billes et ils ont des prérequis que nous n’avons pas forcément. Parce que le bagage Figaro est plus ou moins acquis pour eux, tu sens que ça va performer sur la course au large. C'est intéressant à regarder de l'extérieur, ça m'anime bien. Le début de saison s’est très bien passé en termes de résultats, les entraînements c'était plus dur. C’était une très belle opportunité de préparer La Solitaire aux côtés d’Alexis Loison. Il y a plein de choses que j'apprends grâce à lui donc pour ça c'est vraiment super de l'avoir à mes côtés. Je suis en tout cas très fier de pouvoir être présent sur La Solitaire du Figaro Paprec et de représenter la Normandie. Pour ma première j’ai cette pression de l’inconnu, la façon de gérer les trois semaines de course avec la fatigue. Je ne sais pas vraiment à quoi m’attendre mais je vais tendre l’oreille pour savoir comment anticiper la fatigue et appréhender les passages difficiles ».

Source : Rivacom