Deuxième de la 1000 Race derrière Sam Goodchild, Corentin Horeau : " c’était quand même bien instable comme histoire" - ITW

Pour sa toute première course en tant que skipper sur le circuit IMOCA, Corentin Horeau a signé une entrée en matière particulièrement solide. Ce vendredi à 19h05’17, après 5 jours, 7 heures, 5 minutes et 17 secondes de mer, le Trinitain a coupé la ligne d’arrivée de la 1000 Race en deuxième position (avant jury), à 8 heures et 45 minutes du vainqueur Sam Goodchild (MACIF Santé Prévoyance). 


Crédit : F Van Malleghem

 

« Franchement, oui, cette deuxième place fait super plaisir. Je n’avais plus fait de solitaire depuis l’arrivée de la Solitaire du Figaro en 2023, donc ça commençait à dater un peu. Et en vrai, j’ai adoré me retrouver seul à bord. Tu n’as personne pour te dire ce que tu dois faire ou pas faire… Bon, après, te n’as aussi personne pour t’empêcher de péter les plombs dans la pétole ! (Rires) Avec les filles, on s’est livré une super bagarre. Les conditions n’étaient pas simples, il fallait énormément de patience. Avant le départ, quelqu’un m’avait dit : “Tu verras, en IMOCA, il faut tout faire doucement.” Ce n’est pas vraiment mon style d’habitude, mais j’ai essayé d’appliquer ça pendant toute la course. Finalement, ça aide énormément : tu anticipes mieux, tu fais moins de bêtises, tu réfléchis davantage avant d’agir. Et le résultat, c’est que le bateau est revenu nickel. Franchement, l’équipe MACSF a fait un boulot incroyable. Je n’ai jamais eu besoin de sortir la caisse à outils ! Pour une première course avec ce projet, finir sur le podium, c’est génial. Et puis derrière Sam (Goodchild)… bon, il était intouchable. Comme dirait Jimmy Gressier : “C’est un champion du monde.” Et honnêtement, ça se voyait sur l’eau. C’était beau de l’observer naviguer. Ça donne surtout envie d’aller chercher ce niveau-là pour la suite. Le petit break sur les filles avant Gallimard ? En fait, je voulais arriver plus par le sud dès le départ. Et plus la situation évoluait, plus ça me paraissait logique de continuer à descendre. Ça m’a permis de garder un petit décalage par rapport aux autres, mais il y a quand même eu un moment assez chaud. J’avais enchaîné quelques petits empannages dans du vent, puis d’un coup… plus rien. Une pétole totale, au milieu de nulle part. Je regardais les pointages, Sam avançait à 18 nœuds au large et moi j’étais planté là à me demander ce que je faisais ! Heureusement, une demi-heure plus tard, j’ai récupéré un nuage, le bateau est reparti à pleine vitesse et j’ai réussi à recoller. Mais oui… c’était quand même bien instable comme histoire. Et c’est aussi ce qui a rendu cette course aussi plaisante : il s’est passé plein de choses, il fallait rester dedans en permanence, et franchement, je me suis régalé. »

Source : 1000 Race