Départ somptueux aux Açores pour la Mini Atlantique, Julien Letissier et Koki Sawada prennent l'avantage

Le départ de la seconde étape de la Mini Atlantique a été donné ce matin à 10h00 heure locale (12h00 heure française). La flotte de la Mini Atlantique s'est élancée sous spi entre Horta et Pico. Un spectacle saisissant avant d'entrer dans le vif du sujet : environ une semaine de mer s'annonce vers Les Sables d'Olonne, dans des conditions parfois musclées.

Crédit : V Olivaud


Les leaders déjà en action, rébellion chez les Série

Sur le plan d'eau, les favoris n'ont pas tardé à imposer leur rythme. En Proto, les deux hommes forts de l'aller, Julien Letissier (BRANCHET, n° 1069) et le Japonais Koki Sawada (DMG MORI SAILING ACADEMY 2, n° 1048), ont rapidement pris l'avantage aux avant-postes.

En Série, ce sont deux skippers revanchards qui ont animé les premiers milles : Noé Ackermann (NAVIGUER LARGE - AMIPI, n° 981) et Meven Flao (CASPER - MARIN BRETON, n° 1025). Déçus par leur prestation sur la première manche, tous deux se sont immédiatement portés en tête de flotte pour montrer leurs ambitions. À noter le coup dur pour la Néerlandaise Nienke Mullink (n° 968) : la première féminine de la première étape (4ème au général) a volé le départ et hérite d'une lourde pénalité de 6 heures.

Gérer le matériel face aux orages

Tous les marins le savent, les 24 à 36 premières heures vont être éprouvantes. L'enjeu prioritaire sera d'absorber le passage d'une dépression orageuse sans casse matérielle, sous des grains qui s'annoncent violents.

Pour les deux vainqueurs de la première étape, les approches stratégiques sont toutefois très différentes au regard de leurs classements respectifs :

Julien Letissier (Proto), de plus de 11 heures d'avance sur son dauphin, a pris un sérieux ascendant vers la victoire. On voit en effet mal ce qui peut lui arriver s’il évite la casse jusqu’aux Sables d’Olonne. L'objectif est limpide : ne prendre aucun risque inutile.

« L'enjeu pour moi est de conserver la première place au classement général et de ne pas concéder plus de 11h30 à Koki Sawada, explique Julien Letissier. Pour cela, la priorité absolue est de ne pas casser le voilier et de préserver le matériel durant les premiers jours afin de garder un bateau à 100 % pour la deuxième partie du parcours. Même si c'est une avance confortable, il ne faut ni s'endormir ni prendre de risques inutiles en tout péchant dès le départ. »

À l'inverse, le leader des bateaux de Série, Ronan Jézégou, aborde cette manche avec une marge extrêmement faible. Pour le skipper d'IRISH EXPRESS, tout reste à faire.

« L'avance que j'ai accumulée sur la première étape n'est pas du tout significative pour la suite, souligne t’il. Toutes les cartes sont rebattues : c'est cette deuxième étape qui va être déterminante pour le classement général, au vu des différentes options météo envisageables. La principale difficulté résidera dans le passage du front. Le vent risque d'être très instable, déjà relativement fort de base et nettement plus violent sous les grains. »

Un second départ dans le golfe de Gascogne ?

Si le début de course promet d'être rapide et secoué au portant, la fin de parcours s'annonce bien plus incertaine. Comme le rappelle Julien Letissier, les cartes pourraient être distribuées une nouvelle fois à l'approche des côtes françaises : « À l'approche du golfe de Gascogne, nous allons nous arracher un peu les cheveux : la flotte va probablement se regrouper et créer un deuxième départ d'ici cinq ou six jours. »

Source : M Honoré