48H Azimut, Corentin Horeau, Elodie Bonafous, les marins racontent, "petites choses à travailler d'ici le Rhum"

De l’avis de tous, Sam Goodchild était intouchable cette année où il empoche pour la deuxième fois consécutive les 48 Heures Azimut. Derrière Macif Santé Prévoyance, les favoris sont au rendez-vous. 4ème sur MACSF, Corentin Horeau espère « gagner en confiance et en automatismes pour suivre le rythme des leaders ». Tous étaient venus s’étalonner et c’est sans doute encore plus vrai pour Sébastien Simon qui étrennait en course son nouveau plan Verdier, 7ème à Lorient. Les marins racontent.

 


Corentin Horeau - MACSF - 4ème des 48H AZIMUT : « C'était un beau le parcours, même si le départ, c'était un peu chaud avec le cargo qui passe au travers de la piste nous obligeant à déclencher deux virements. Le premier bord, j'ai trouvé ça plutôt sympa, même si malheureusement je n'ai pas réussi à tenir les trois premiers, je me suis retrouvé un peu tout seul entre deux groupes. En arrivant sur Oléron, je suis tombé dans une bulle un peu bizarre. Seb Simon m'a appelé à la VHF pour me dire : j'arrive, je suis derrière toi… Il était à dix milles un peu plus tôt ! Puis après, on a eu le passage de la dorsale, un peu en mode Figaro. Je me suis glissé sous Charal, mais j'ai tiré la barre trop vite, et j'ai dû contre-border.

Mais j'ai beaucoup appris, et je dirais que je suis à ma place. J'ai peut-être été encore un peu trop vif, peut-être un peu trop à fond en mode Figaro ; mais sur ces bateaux-là, c’est plus énergivore ! Ce n'est que ma deuxième course en solitaire sur un IMOCA, et j'ai découvert plein de choses. C'est la première fois que je faisais une course avec un mediaman à bord, et je ne sais pas trop quoi en penser… Moi qui suis plutôt jovial et discute beaucoup, j'étais forcément dans mon truc, et je ne lui ai pas beaucoup parlé. C'est étrange au niveau du partage.

Il reste plein de petites choses à travailler d'ici le Rhum. On va apporter des petits changements dès la semaine prochaine. Je vais aussi continuer à naviguer sur le bateau pour gagner en confiance. J'ai encore beaucoup de choses à engranger pour maîtriser la machine. Je suis encore dans une phase d'acquisition des automatismes. Cela va se faire petit à petit… !
»

Élodie Bonafous (association Petits Princes, Groupe Gueguiner) - 6ème des 48H AZIMUT : « Même dans les moments un peu calmes, c'était instable, il fallait tout le temps être sur les réglages. Mais naviguer sur ce bateau, cela reste toujours un plaisir, même quand c'est dur. D'autant plus que je suis venue disputer cette course dans un objectif de perfectionnement. Et à partir du moment où on rencontre des galères, c'est de l'entraînement, parce qu'il faut s'adapter. J'ai passé deux chouettes jours à bord. On a fait un bord de ouf vers la bouée BXA, on a eu une petite trêve dans de la molle avec un beau soleil, même si ce n'était pas forcément simple. J'ai testé pas mal de choses avec mes voiles… Je ressors avec plein de positif, même si le résultat n'est pas là. Je ne peux pas en faire complètement abstraction, cela m'impacte forcément un peu. Pour autant, dans la mesure où on vient de remettre le bateau à l'eau, je n'attendais pas grand-chose non plus. L'idée n'était pas de me mettre la pression là-dessus. Je suis plus critique sur des choses que j'ai plus ou moins bien faites, qui me montrent des axes de travail en vue de la Route du Rhum.

La reprise après une bonne coupure, cela tire toujours un peu. On oublie vite les petits automatismes qui font qu'on s'économise, et sur un parcours de 48 heures, il y a une intensité et un niveau de jeu qui font que, ce matin en baie d'Audierne, quand le vent m'a fait subir des choses horribles, j'ai manœuvré je ne sais pas combien de fois mes voiles ! Toutes ces manœuvres qui m'ont mené la vie dure, c'était un point que je voulais bosser, et elles vont m'apporter de la sérénité sur le Rhum. Sam (Goodchild) affiche un niveau de jeu impressionnant, bravo à lui, il est bien intouchable. Je n'ai pas tout à fait le même bateau, mais pas loin, cela veut dire qu'on peut faire mieux et que j'ai une belle marge de progression devant moi. Le paquet derrière - avec Ambrogio (Beccaria), Corentin (Horeau) -, il est atteignable. J'ai fait un mauvais début de course, avec des galères techniques sur le tout premier bord de près, et il fallait partir bien. J'ai eu l'impression que ça partait toujours par devant. La prochaine fois, le but, c'est que je ne me fasse pas larguer par le groupe de tête dès le début, et d'être un peu plus dans le match.
»

Pas de ligne d'arrivée pour eux, mais des milles engrangés. Sébastien Marsset, Manu Cousin, Pierre-Louis Attwell et Armel Tripon ont posé pied à terre ce samedi avant de finir le parcours des 48 Heures Azimut. Place désormais au Tour de Groix.

Source : Defi Azimut