Après une transat victorieuse, Paul Meilhat met le cap sur le tour du monde, "Ce bateau est génial"

Un an presque jour pour jour après sa victoire dans le tour de l’Europe, Paul Meilhat continue de surfer sur le ‘flow’ du succès. Ce jeudi 10 septembre, le skipper de United by The Ocean accompagné de la Portugaise Mariana Lobato, de l’Américaine Sara Stone et de Benjamin Ferré, s’est imposé dans The Ocean Race Atlantic. Une victoire à l’arrachée, au terme d’une course d’une folle intensité entre New York et Lorient. Pour Paul et son clan, les yeux sont désormais rivés sur le tour du monde en équipage dont le départ sera donné le 17 janvier prochain à Alicante.


Crédit : V Curutchet



Le petit nombre de concurrents (6 bateaux au départ) n’a pas nui à la qualité ni à l’intérêt de cette première transatlantique ouest-est organisée par The Ocean Race. Les fortes conditions météo du début, et la bataille navale finale opposant quatre prétendants à la victoire ont fait le sel de cette course express, relayée quotidiennement en images par les mediamen embarqués. 27 minutes seulement séparent les quatre premiers concurrents, dont deux – DMG Mori Global One et Team Malizia- faisaient leur galop d’essai sur des IMOCA flambants neufs.

Le dessin de United by the Ocean (plan Verdier, ex Biotherm) avec lequel Paul Meilhat a terminé 5e du Vendée Globe 2024, remonte à 2017. Toutefois, le grand monocoque bleu a été optimisé et fiabilisé, si bien qu’il reste aujourd’hui capable de rivaliser face à des unités plus jeunes de deux générations. « Ce bateau est génial. On sait - et nos concurrents savent désormais- que c’est une fusée dans les petits airs. S’il n’est pas le meilleur de la flotte dans toutes les conditions, il peut gagner des courses » confie Paul.

Une opération commando couronnée de succès

Leur victoire dans The Ocean Race Atlantic après 7 jours 23 heures 39 minutes et 11 secondes de mer est d’autant plus savoureuse que la décision de participer à la course s’est prise au dernier moment, dans une de ces opérations commando dont Paul a le secret, qui pousse à prendre des risques et à mobiliser les énergies de tout un collectif en un temps record. « Notre philosophie, c’est : on a un bateau, il est fait pour naviguer ». Ce type d’organisation n’aurait pourtant pas été possible sans l’environnement que Paul a construit autour de lui depuis sa campagne pour le Vendée Globe : une équipe réduite qui se connaît par cœur et qui demeure extrêmement soudée, en toutes circonstances.

Même état d’esprit au sein de l’équipage dont les trois quarts avait déjà partagé de nombreux milles ensemble. Mariana Lobato était à bord de Biotherm pendant le tour du monde, et Benjamin Ferré a été un des artisans de la victoire dans The Ocean Race Europe. L’Américaine Sara Stone, de son côté, a fait connaissance avec Paul et son bateau pendant le convoyage vers New-York, avant de vivre son baptême du feu en course.

La mobilisation de l’équipage a été donc été à la hauteur de celle de l’équipe à terre. « Tout s’est joué 5 minutes avant la ligne d’arrivée, mais pour que ce soit possible, il fallait rester tout le temps au contact de la flotte. On savait qu’on avait un bateau solide et on a pu le pousser pendant les conditions sauvages du début de course. Là où l’équipe a été forte, c’est dans les 24 heures avant l’arrivée. Chacun s’est relayé à la barre alors que le bateau ne cessait de planter dans la mer. On a été à fond, on s’est pris des paquets d’eau dans la figure, mais ça a fait la différence » raconte Paul.

The Ocean Race 2027 : départ dans 4 mois

« Notre organisation et notre bateau nous permettent de nous projeter sur un programme sportif à long terme - Vendée Globe 2028 et pourquoi pas The Ocean Race 2031 –, le tout avec des coûts de fonctionnement raisonnables. Pour les quatre années à venir, nous allons pouvoir réduire notre budget de 30% » poursuit le skipper de United by The Ocean.

En attendant, l’équipe doit reconstituer ses forces et valider une partie du financement pour sa participation à The Ocean Race 2027, le tour du monde en équipage avec escales, un marathon de cinq mois à travers tous les océans du globe, dont le départ sera donné d’Alicante (Espagne) le 17 janvier prochain.

Source : Blanco Negro